/misc
Navigation

Joe Biden et Elizabeth Warren ébranlés au New Hampshire

Joe Biden et Elizabeth Warren ébranlés au New Hampshire
AFP

Coup d'oeil sur cet article

On a entendu récemment que les caucus de l’Iowa et la primaire du New Hampshire comptaient peu dans le long parcours vers l’investiture. Je crois qu’il faut nuancer cette affirmation. 

On attendait une victoire de Bernie Sanders dans cet État voisin de son Vermont. Il avait dominé Hillary Clinton en 2016 et les plus récents sondages nationaux le présentent maintenant comme le favori. Si Bernie peut revendiquer un gain, son équipe a assurément noté une performance en demi-teinte. Loin d’écraser la compétition, il peut désormais sentir Buttigieg lui souffler dans le cou. 

Fort de sa courte victoire en Iowa, Mayor Pete termine tout juste derrière le meneur et il mène la course aux délégués après les deux premiers scrutins. Il se présentera au Nevada et en Caroline du Sud avec le momentum. À ceux qui pointent son manque d’appui au sein des minorités (ce sera particulièrement important en Caroline du Sud), il peut répondre que les choses évoluent rapidement. Bien peu d’experts lui prédisaient autant de succès en début de course. 

Amy Klobuchar récolte enfin les fruits de ses bonnes performances lors des débats. Plusieurs électeurs du New Hampshire ont affirmé avoir modifié leur vote après le plus récent débat. La sénatrice du Minnesota a mieux fait que prévu en Iowa et au New Hampshire. Elle aussi peut espérer profiter du mouvement pour se faire connaître avantageusement dans les deux prochains États à se prononcer. 

Si trois candidats quittent le «Granite State» avec le sourire aux lèvres et en bonne position, le vote d’hier a été dur pour plusieurs autres. Deux candidats se sont retirés de la course. L’abandon de Michael Bennet était attendu, sa campagne n’ayant jamais vraiment décollé. Le départ d’Andrew Yang déçoit cependant ses plus farouches partisans. Véritable bouffée d’air frais, Yang pourra toujours s’enorgueillir d’avoir bien mieux fait que de gros canons démocrates comme Cory Booker ou Kamala Harris. 

Les deux grands perdants du passage au New Hampshire sont hors de tout doute Joe Biden et Elizabeth Warren. Cette dernière ne semble plus représenter une option viable pour les progressistes. Après avoir déstabilisé Sanders en 2019, elle doit reconnaître qu’elle ne peut plus suivre le rythme. Le New Hampshire est l’État voisin de celui qu’elle représente, elle y est donc connue, et les femmes ont voté massivement. Soit les progressistes et les femmes lui ont préféré Sanders, soit le vote de l’électorat féminin plus centriste est allé du côté de Klobuchar.  

Plus agressive dans ses déclarations il y a quelques semaines à peine, Mme Warren semblait reconnaître ses difficultés dans son discours d’hier et elle se présente maintenant comme la rassembleuse des troupes démocrates appelées à gommer leurs différences pour vaincre Donald Trump. 

Biden... Celui qui jouissait d’une belle cote de popularité à la fin de la présidence Obama a préféré tout risquer une fois de plus au lieu de se retirer dans la gloire pour jouir d’un repos bien mérité. Vous vous souvenez de ces nombreux memes sympathiques qui étaient devenus viraux sur le web?  

Le spectacle actuel est triste. S’il n’est pas impossible de le voir effectuer une remontée, son absence du New Hampshire au moment de l’annonce des résultats en disait long sur le désarroi de sa campagne. Il était déjà en Caroline du Sud pour rappeler aux représentants des minorités qu’il est leur candidat. Après les résultats des deux premiers votes, des hispanophones ou des électeurs noirs pourraient-ils être tentés de passer dans un autre camp? Les prochains sondages devraient confirmer que oui. 

Joe Biden projette actuellement l’image d’un candidat faible et dépassé qui s’accroche à sa gloire passée au moment où beaucoup d’électeurs ont soif de changements et de nouveaux visages. Ils sont de plus en plus nombreux à douter de sa capacité à vaincre Trump, alors que ce potentiel devait être sa grande force. 

Pendant ce temps, Michael Bloomberg dépense sans compter et son équipe arpente déjà les 14 États qui se prononceront lors du premier Super mardi au début du mois de mars.