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La tempête

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J’ai longtemps réfléchi avant d’écrire ces mots. Pour être tout à fait honnête, je réfléchis encore au moment où je dépose mes doigts sur mon clavier. Je n’ai pas vécu la fin de semaine à laquelle je m’attendais. Oui, la tempête; oui, la neige; oui, les écoles fermées... mais tout ça, on s’en fout.  

Je dis la fin de semaine que «j’ai» vécue, mais en fait, c’est plutôt la fin de semaine qu’un ami très, très proche de moi a vécue. Lui et sa famille entière. Je ne vais pas entrer dans les détails, je préfère respecter leur intimité. Mais disons que depuis vendredi, leur vie est chamboulée et qu'elle sera désormais complètement différente.     

Ils vivent le genre d’épreuve qu’on ne peut pas prévoir. Le genre de trajet que l’on ne peut même pas imaginer ni concevoir. Car si rare, si complexe, si abstrait dans un sens.     

Un événement si puissant et rude qu’il souffle tout ce qu’il y a autour. Soudainement, tous nos petits tracas, nos petits ennuis, deviennent de vulgaires boutades face à ça. C’est le genre de nouvelle qui oblige tout le monde qui la vit, de près ou de loin, à se remettre en question.     

Est-ce que j’apprécie assez la chance que j’ai dans la vie? Je me pose cette question en boucle dans ma tête depuis ce week-end. Comment faire pour apprécier au maximum tout ce que j’ai? Parce que, comme tout le monde, j’ai mes pépins, mes bobos. Comme tout le monde, parfois j’en ai ras le bol, c’est normal, c’est humain.     

Mais devant l’adversité, il faut savoir relever la tête et regarder autour de nous. Tout en se donnant le temps de se plaindre, il faut surtout se donner le droit d’apprécier.    

Parce que s’il y a quelque chose qui n’aide personne, c’est de s’empêcher d’être heureux. Mon ami ne voudrait pas ça. Il ne voudrait pas que je bloque le bonheur de ma vie parce qu’il vit quelque chose de difficile. Au contraire, il voudrait sûrement que je consomme mon bonheur et que j’apprécie tout ce que j’ai sans modération.     

Parce que lui aussi devra faire la même chose. Quand la poussière sera un peu retombée, quand les esprits et la tempête se seront un peu calmés, il voudra sûrement regarder autour de lui et voir de la lumière. Voir sa femme, ses filles, ses amis, sa famille, être encore capable de sourire, de rire, de croire, d’espérer.     

Je ne veux pas amoindrir quoi que ce soit, comme je ne veux pas empirer quoi que ce soit non plus. La meilleure façon de sortir de la noirceur, c’est de créer le plus de lumière possible.     

J’espère que mon ami sait que je l’aime, j’espère que sa famille le sait aussi. Ne soyez pas heureux que pour vous, mais surtout pour ceux qui en ont le plus besoin.