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Legault veut agir plus vite que Barrette avec les médecins

Québec entend changer le mode de rémunération des omnipraticiens

Periode des questions
Photo Simon Clark Le premier ministre François Legault prenant la parole, mercredi, à l’Assemblée nationale.

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Contrairement à Gaétan Barrette, François Legault n’accordera pas de sursis aux médecins de famille avant d’imposer des pénalités s’ils n’atteignent pas les cibles fixées dans la réforme de leur rémunération.  

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) s’inquiétait dans nos pages, mercredi, de voir le gouvernement Legault envisager des sanctions similaires à celles prévues dans le projet de loi 20 de l’ex-ministre de la Santé. 

Adopté sous le gouvernement Couillard, mais jamais appliqué, le projet menaçait les médecins de ponctions financières s’ils échouaient à assurer le suivi d’un certain nombre de patients. 

Le premier ministre François Legault ne nie pas que des pénalités pourraient être imposées dans la nouvelle entente, mais rejette la comparaison avec l’approche prônée par l’ex-ministre de la Santé. 

« Parce que M. Barrette, lui, il a donné les clés de l’auto au syndicat et il a dit : on se revoit dans deux ans. Et il s’est retrouvé en fin de mandat et il était trop tard », a déclaré M. Legault avant la période de questions. 

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« Pas perdre deux ans » 

« Nous, ce qu’on veut, ce n’est pas perdre deux ans, mais s’entendre tout de suite sur des mesures pour qu’il y ait une vraie prise en charge et qu’on modifie dès maintenant le mode de rémunération des médecins de famille », a-t-il ajouté. 

Avec sa réforme, le gouvernement Legault souhaite faire passer la rémunération des omnipraticiens d’un paiement à l’acte, comme c’est le cas actuellement, à une formule axée sur la prise en charge des patients. 

Appelée « par capitation », cette formule permettra de déléguer certains soins à d’autres professionnels de la santé, telles les superinfirmières. 

« Nous, on pense que la meilleure avenue, c’est de modifier le mode de rémunération pour mettre un incitatif, à coût nul, donc, que les gens soient payés à la prise en charge des patients », affirme M. Legault. 

De son côté, la ministre de la Santé a de nouveau plaidé, mercredi, que les médecins doivent prendre plus de patients sous leur responsabilité. 

« Il y a des médecins qui doivent augmenter leur productivité, dit Danielle McCann. Il y a des médecins qui sont en bas de 1000 patients, en bas de 500 patients. » 

Soirs et week-ends 

De plus, Québec affirme que sa réforme obligera les omnipraticiens à voir les patients les soirs et les week-ends. 

Cet argument « blesse les médecins », selon le directeur des communications de la FMOQ. Jean-Pierre Dion fait valoir qu’en plus du travail en clinique, une grande proportion de ses membres travaille également dans les urgences ou sur les étages dans les hôpitaux, sans compter ceux qui œuvrent en CHSLD ou en soins palliatifs. 

« Je ne connais pas d’autres professionnels qui travaillent autant en heures défavorables », disait-il plus tôt cette semaine.    

Par ailleurs, la ministre de la Santé affirme que Québec mène des « négociations intensives » avec la FMOQ. 

La veille, la fédération affirmait pourtant que les pourparlers étaient « intermittents » et invitait le gouvernement à accélérer le rythme des rencontres. 

« Il faut arriver à une solution à court terme », affirmait Mme McCann, sans fixer d’échéancier précis, mercredi.