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Mon Atelier de quartier: un premier «café réparation» à Montréal

De gauche à droite: Jean-Philippe Roy, Krystel Papineau, Annick Girard, Nathalie Chapdelaine et Éric Deschênes
De gauche à droite: Jean-Philippe Roy, Krystel Papineau, Annick Girard, Nathalie Chapdelaine et Éric Deschênes

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Tirer une fierté d’apprendre, fabriquer et réparer soi-même: voilà l’essence de Mon Atelier de quartier, le premier «café réparation» maintenant ouvert à quelques pas de la station de métro Jean-Talon, à Montréal.  

À Mon Atelier de quartier, les visiteurs pourront très prochainement s’entraider, redonner une seconde vie à leurs appareils défectueux et ainsi déjouer l’obsolescence programmée. «C’est fini de produire, acheter, consommer, jeter. Il faut voir ça complètement autrement maintenant. Il faut qu’on garde nos choses, qu’on apprenne à les connaître», explique Annick Girard, l’une des cinq têtes pensantes derrière le projet.  

Amis de longue date, Krystel Papineau, Jean-Philippe Roy, Nathalie Chapdelaine, Éric Deschênes et Annick Girard se sont aussi unis dans ce projet par des forces connexes liées à l’entrepreneuriat social, l’environnement et le concept de DIY (Do It Yourself). «On aime beaucoup l’idée de la décroissance, du low living, faire les choses pour avoir un impact», raconte Annick.  

Inspirée par les repair cafés développés initialement aux Pays-Bas, mais aussi nourrie d’une étude sur l’obsolescence qu’elle avait réalisée dans son emploi passé chez Équiterre, Annick Girard est une passionnée de réparation.  

«J’ai même créé une page Facebook qui s’appelle Touski s’répare, une communauté de partage, où il y a maintenant 13 000 personnes qui échangent des trucs et astuces pour réparer», dit-elle pour résumer la genèse du projet d’atelier. 

Mon Atelier de quartier est situé au 1201, rue Jean-Talon Est.
Photo: Myriam Lefebvre
Mon Atelier de quartier est situé au 1201, rue Jean-Talon Est.

Café, établi, laboratoire 

Mon Atelier de quartier abrite un café zéro déchet ouvert au public, en plus d’une salle polyvalente qui accueillera divers événements en lien avec le bien-être et l’environnement à compter du 18 février. Troisième volet mais non le moindre, l’établi de réparation sera pour sa part dévoilé le 22 février et fonctionnera sous forme d’abonnement (annuel ou mensuel), ou encore par le biais d’un tarif à l’heure. 

 «Ça donnera accès à tout l’établi au sous-sol, le garage que tu rêvais d’avoir, les outils présents, l’espace. Il va aussi y avoir des plages horaires où des experts seront là par catégorie d’appareils», affirme Annick. Couture, tricot, soudure, bricolage, ébénisterie; des laboratoires seront proposés dans tous les secteurs où l’on peut réparer. 

De plus, l’équipe souhaite développer sa propre «matériauthèque» pour partager un maximum d’équipement au public. «Des fois, on a besoin de colle. On achète un gros tube, on l’utilise une fois et là, ça sèche. Nous, le tube de colle, on va l’avoir ici et il va servir à 20 personnes», ajoute la cofondatrice.  

Les instigateurs de Mon Atelier croient par ailleurs aux bienfaits de la réparation sur la santé. «Les endorphines que cela génère, d’ouvrir son appareil, de le réparer et d’avoir réussi, c’est un plaisir fou et total et ça fait que tu as un lien affectif avec ton objet. Tu veux le garder plus longtemps et tu y fais attention», lance Annick.  

De gauche à droite: Jean-Philippe Roy, Krystel Papineau, Annick Girard, Nathalie Chapdelaine et Éric Deschênes
Courtoisie - Mon Atelier de quartier

De petite à grande échelle...humaine 

D’abord dans une volonté de s’ancrer dans leur communauté et de proposer des solutions à échelle humaine, les cinq partenaires verront plus grand si leur concept réussit bien dans la métropole. «On aimerait ça faire un modèle qui soit suffisamment solide pour qu’il soit reproductible ailleurs», entrevoit l’entrepreneure.  

«On veut faire un projet pour changer le monde et permettre aux gens de changer avec nous et qu’on change ensemble, espère-t-elle ultimement. Nous, on n’est pas des porteurs de connaissance, on change avec les gens». 

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