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Elle veut changer la manière dont on célèbre la vie de nos défunts

Érika Scott Giasson, fondatrice de Muna
Lou Rayside Érika Scott Giasson, fondatrice de Muna

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«Je pense que beaucoup de gens sont tannés des salons funéraires froids et austères», lance d’entrée de jeu Érika Scott Giasson, la fondatrice de l’agence Muna, qui a pour mission de célébrer le passage sur terre d’une personne décédée à l’aide d’un événement personnalisé.   

«Que ça soit un petit souper tout simple avec la famille du défunt ou une grosse réception de 2000 invités sous un chapiteau, on s’occupe de tout, explique la jeune entrepreneure de 27 ans. On veut vraiment que l’événement soit dans la joie et à l’image de la personne décédée.»        

Érika Scott Giasson, fondatrice de Muna
Lou Rayside

  

L’objectif derrière Muna est d’offrir une alternative à ceux qui souhaiteraient honorer la vie d'une personne décédée différemment. «Je veux montrer aux gens qu’il est possible de sortir du carcan traditionnel des funérailles et que l'on peut célébrer la personne que l’on a connue dans un cadre plus joyeux.»      

Les clients de Muna peuvent choisir la date à laquelle ils souhaitent tenir l'évènement, que ce soit quelques semaines suivant le décès ou même un an plus tard.       

  

Seule dans son embarcation pour le moment, Érika compte sur un bottin de contacts (traiteurs, fleuristes, musiciens, etc.) bien rempli pour mener son mandat à terme.           

Son entreprise est présentement en démarrage (Muna a été créé en novembre dernier) et l'entrepreneure est optimiste pour le futur.       

«J’avais un kiosque au Salon de la mort de Montréal et il y avait vraiment un engouement pour mon projet. Des personnes de tout âge venaient me voir pour me poser des questions et me dire à quel point c’était une bonne idée. Il y en a même qui voulaient aller prendre un café afin qu’on arrange leur propre party de célébration de vie lorsqu’ils ne seraient plus là!»          

  

L’événementiel dans les veines   

Avec un baccalauréat en administration de HEC en poche, la Montréalaise a créé sa propre boîte d’événementiel, Erika Co., après quelques expériences dans le milieu, notamment pour C2 Montréal. «J’ai toujours voulu faire de l’événementiel. J’ai ça dans le sang.»       

Se concentrant surtout sur la planification de mariages et d’événements corporatifs avec sa première entreprise, la femme d’affaires a décidé de tenter sa chance dans la célébration de vie à la suite d'un drame personnel.       

Érika Scott Giasson, fondatrice de Muna
Lou Rayside

  

«Lorsque mon grand-père est décédé, on a fait une cérémonie dans un salon funéraire, comme tout le monde. Pour rendre ça moins glauque, on a fait des jokes pendant les discours et on s'est remémoré les bons souvenirs passés en sa compagnie. Je me suis rendu compte que le passage vers l’au-delà ne rime pas forcément avec des funérailles traditionnelles et impersonnelles.»       

Érika a constaté que son entourage partageait sa réflexion. Elle y a vu une occasion d’affaires, puisqu’il n’y avait pas vraiment d’entreprise de ce type à Montréal. C’est ainsi que Muna a vu le jour.          

  

Changer les mentalités  

Même si l’ambitieuse vingtenaire croit à la viabilité de son projet, elle admet qu’il reste un long chemin à parcourir avant que les célébrations de vie soient aussi communes que les cérémonies au salon funéraire.         

«Ça demeure encore assez tabou, d’aborder la mort différemment, reconnaît-elle. Mais je crois qu’avec une bonne campagne de marketing et une approche d’ouverture sur le sujet, on peut arriver à faire changer les choses.»      

L’entrepreneure ne cache pas ses objectifs à long terme. «Sans qu’elle se transforme en une énorme entreprise avec des bureaux partout dans le monde, j’aimerais que Muna devienne la référence en événements de célébration de vie dans la province.»

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