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Patience et prudence sont de mise

Motoneige
Photo Julien Cabana Des sentiers larges et très bien entretenus, c’est ce que tous les motoneigistes veulent. Il faut toutefois laisser le temps aux bénévoles de faire leur travail, ce qui n’est pas si simple dans les conditions actuelles.

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« Nous demandons aux motoneigistes d’être patients et surtout de bien comprendre qu’après une tempête comme celle que nous avons eue, les bénévoles ont besoin de temps pour reconstruire leurs sentiers. » 

Voilà comment le directeur général de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Stéphane Desroches, résumait sa pensée à la suite de ce qu’il a vécu lors de sa dernière randonnée.

« Il faut comprendre que lorsqu’il tombe deux pieds et même trois pieds de neige, les sentiers se rétrécissent. La témérité n’est jamais une option en sentier », a ajouté M. Desroches.

« En fin de semaine dernière, j’ai croisé des motoneigistes qui roulaient beaucoup trop vite. Parfois, ils sortaient de la courbe face à moi. Heureusement, avec l’expérience, j’ai pu éviter le pire sauf qu’à chaque fois, la peur m’a envahi. 

« Ce ne sont pas des gens responsables. J’ai pu constater que certains motoneigistes n’adaptent pas leur conduite aux conditions qu’ils retrouvent dans les sentiers. J’ai fait un long périple jusque sur la Côte-Nord. J’ai eu à rencontrer en sentier des gens qui ne tiennent compte que d’eux-mêmes », regrette Stéphane Desroches.

Il demande donc aux motoneigistes qui sillonnent les sentiers de lever le pouce, en se rappelant que les sentiers sont là pour leur permettre de pratiquer leur loisir de façon sécuritaire.

Personnellement, j’ajouterais que trop souvent, certains irresponsables prennent les sentiers pour des pistes de course.

UN TRAVAIL IMPOSANT

La dernière tempête que nous avons vécue, avec son abondance de neige, a fait la joie de tous les amateurs de sports d’hiver, y compris les motoneigistes.

« Avant que les sentiers redeviennent parfaits, il faut laisser le temps aux bénévoles de faire leur travail. Lorsqu’il y a une telle situation, une fois la tempête terminée, les gens des clubs vont passer dans les sentiers avec les surfaceuses, mais sans la gratte. Cela permet d’aplanir la neige, de la déplacer. 

« Par la suite, ils peuvent circuler avec une gratte derrière la surfaceuse, pour redonner aux sentiers leur allure normale. Il faut du temps pour faire tout cela, ce que bien des motoneigistes ne semblent pas comprendre. Les bénévoles font tout ce qu’ils peuvent pour réussir, mais ils ont besoin de temps. Avec une telle tempête, il faut souvent plusieurs jours avant que les choses reviennent à la normale », souligne M. Desroches.

Le bilan de la saison actuelle en termes du nombre de morts amène le DG à passer encore une fois le message de la sécurité.

« Il faut que les motoneigistes comprennent que c’est dans les sentiers qu’ils doivent rouler. Si on regarde les 14 morts enregistrées de plus près, seulement quatre ont eu lieu en sentier. Entendons-nous, un mort est un mort de trop pour la Fédération, mais en demeurant dans les sentiers balisés et entretenus par les bénévoles des clubs, les motoneigistes diminuent de beaucoup la possibilité de connaître une telle situation. 

« Les clubs sont aussi tannés d’entendre toujours parler des morts en motoneige, alors qu’ils travaillent très fort à créer et entretenir le réseau de 33 000 kilomètres de sentiers du Québec. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour le rendre sécuritaire. 

« Ils ne seront jamais capables toutefois d’entrer dans la tête des gens pour leur inculquer les règles de prudence. Ça devient la responsabilité du pilote, qui doit toujours se rappeler d’avoir un comportement responsable. Nous travaillons de concert avec la Sûreté du Québec pour marteler ce message qui, malheureusement, ne semble pas passer chez certaines personnes. C’est avec ce genre de comportement que l’inévitable peut se produire », de conclure M. Desroches.

EN BREF

UN CLUB EXEMPLAIRE

Lors de sa randonnée sur la Côte-Nord, le directeur général de la Fédération, Stéphane Desroches, a découvert les sentiers de l’Association des motoneigistes Manicouagan inc. (L’AMMI), qui s’occupe du secteur de Baie-Comeau. Il ne tarit pas d’éloges pour le travail remarquable qui tient du miracle à certains endroits, ce qui lui a prouvé que les bénévoles des clubs sont vraiment des passionnés.

 FÉVRIER, MOIS DE L’ENVIRONNEMENT

« Le mois de février est le mois de l’environnement pour la communauté motoneigiste », explique le rédacteur en chef de Motoneige Québec, Michel Garneau.

« C’est une occasion de chercher des moyens d’améliorer notre propre bilan environnemental. C’est aussi le moment tout indiqué pour partager l’immense progrès qu’a réalisé l’industrie. Force est de constater que les individus qui adhèrent à une opinion négative de la motoneige sont, la plupart du temps, enlisés dans le passé, à une période où l’industrie était à ses débuts et où les motoneiges étaient plutôt rudimentaires. 

« Les motoneiges d’aujourd’hui sont plus propres et écoénergétiques, poursuit M. Garneau. L’industrie s’est prise en main pour améliorer la cohabitation de l’activité et des adeptes avec les riverains et citoyens. Les motoneigistes ont droit à des motoneiges propulsées par des moteurs à technologie propre, soit des moteurs à quatre temps ou des moteurs à deux temps à admission par injection directe ou semi-directe. »