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Deux poids, deux mesures

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Des manifestants mohawks de Kahnawake continuaient de bloquer la voie du Canadien Pacifique qui traverse leur communauté, hier.

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Le commun des mortels se demande actuellement pourquoi les autorités tolèrent le blocage des transports sur la Rive-Sud par quelques militants autochtones qui tiennent en otage des milliers de citoyens.

Ne bénéficient-ils pas de la complaisance des autorités à cause de leurs origines ?

Si des militants nationalistes décidaient demain de bloquer un train pour protester contre l’anglicisation de Montréal, ne risqueraient-ils pas de se faire dégager brusquement de la voie ferrée ?

Mais ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres de cette logique du deux poids deux mesures qui domine de plus en plus notre vie collective. 

Dans notre société, certaines catégories sociales sont symboliquement privilégiées. D’autres doivent se taire. 

Racialisme

On célèbre par exemple le mois de l’histoire des Noirs, en ce moment. Peu osent demander s’il n’y a pas quelque chose d’incongru à célébrer les gens sur la base de la couleur de leur peau. 

Une telle célébration ne repose-t-elle pas sur une lecture racialiste des rapports sociaux ? 

Par ailleurs, un Kenyan n’est pas un Malien, un descendant d’esclave américain n’est pas un descendant de réfugié haïtien que la société québécoise a accueilli. Pourquoi abolir la culture dans la race ? 

Et que dirait-on si certains se mettaient à célébrer la fierté blanche et le mois de l’histoire des Blancs ? On condamnerait cette initiative avec raison. Il faut dire que cela n’est pas près d’arriver : la diabolisation des Blancs est à la mode. Il est même bien vu de s’excuser d’être blanc. 

Autre exemple. Dans les milieux féministes radicaux, la critique de l’hétérosexualité se banalise. On pousse les femmes à rompre avec le régime « hétérosexiste ». Le mâle, c’est le mal : il faudrait s’en séparer et abolir ses « privilèges ». Les femmes devraient en quelque sorte se convertir au lesbianisme pour des raisons politiques. 

Petit paradoxe : partout en Occident, on dénonce avec raison les thérapies de conversion censées transformer les homosexuels en hétérosexuels. Toutefois, on regarde avec complaisance ces espèces de thérapies de conversion inversées, qui veulent transformer les femmes hétérosexuelles en homosexuelles. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Cette fois, il s’agirait d’une libération. 

On répondra peut-être que ce discours est ultra-marginal. Mais les positions marginales ont tendance aujourd’hui à se normaliser médiatiquement très rapidement, avec la bénédiction de certains universitaires militants. 

Exemple supplémentaire : quand un quidam insulte les homosexuels, on le dénonce. Avec raison, évidemment ! Mais si c’est un imam, on se garde une petite gêne au nom de l’ouverture à l’autre et de la diversité !

Féminisme

Dernier exemple. J’ai parlé récemment de Mila, une jeune Française menacée de mort pour avoir critiqué l’islam. Normalement occupées à voir du sexisme partout, les féministes se firent soudainement très discrètes. Comme elles s’étaient tues après les agressions sexuelles à Cologne, en 2016, par des réfugiés. 

C’est que le coupable n’était pas le bon.

Imaginons maintenant si les coupables étaient des hommes blancs ! 

On comprendra la colère du commun des mortels, qui sent bien qu’on se fout de sa gueule.