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John Kelly, libéré, semonce vertement l'administration Trump

John Kelly, libéré, semonce vertement l'administration Trump
AFP

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Dès qu’on a annoncé sa nomination au sein de l’équipe de Donald Trump, je me suis demandé ce que John Kelly allait faire dans cette galère.  

Kelly était alors un des trois anciens généraux à accepter un poste civil au sein de l’administration. Sa présence était considérée comme rassurante. S’il a d'abord dirigé le secrétariat à la Sécurité intérieure, on lui a ensuite demandé d’assumer la fonction de chef de cabinet.     

John Kelly n’a jamais été véritablement à son aise aux côtés d’un président impulsif et désorganisé. Si on le voyait comme un maître de discipline ou comme l’adulte dans la garderie, on l'a souvent senti frustré, déçu et contrarié. Nommé en juillet 2017, il quittait ses fonctions au début janvier 2019.     

Si je m’intéresse à cet ancien du corps des Marines, c’est que plusieurs médias américains relaient aujourd’hui des propos tenus par Kelly lors d’un événement à l’Université Drew (New Jersey). Il avait déjà émis des réserves sur des décisions ou le comportement du président, mais, hier, il n’a manifesté aucune retenue.     

Interrogé au sujet du congédiement d’Alexander Vindman (qui a témoigné dans le dossier ukrainien), John Kelly a confirmé que Vindman ne faisait que son travail en rapportant les propos inquiétants du président. Rapporter la conversion à son supérieur est le comportement attendu. Critiquer Vindman, c’est critiquer la formation et la chaîne de commandement.     

Si Trump blâme maladroitement et malhonnêtement Vindman, il est aussi dans l’erreur quand il intervient dans le dossier de l’ancien Navy Seal Eddie Gallagher. Après avoir été traduit devant une cour martiale, ce dernier avait été condamné à une rétrogradation ainsi qu’à une peine de prison de quatre mois. Contre l’avis des autorités militaires, Trump lui a accordé le pardon présidentiel.      

Kelly ne contredit pas le président que sur ces seuls sujets. Il déplore les propos de Trump à l’égard des immigrants, particulièrement les hispanophones. Des meurtriers et des violeurs? L’ancien chef de cabinet ne le croit assurément pas.     

Il souligne également qu’il n’avait pas confiance dans l’approche du président face à la Corée du Nord. Une perte de temps. Jamais le régime ne va se départir de l’arme nucléaire et Kim Jong-un a su récupérer à son profit l’initiative du président américain.     

John Kelly désapprouve la quasi-totalité de la politique étrangère de l’actuelle administration et, quand on lit l’ensemble de ses propos, on pourrait aisément conclure qu’il est devenu anti-Trump ou même démocrate!     

Tout comme j’avais considéré le choix du général H.R. McMaster comme une décision sage de l’administration Trump, je me souviens aussi d'avoir considéré que l’arrivée de John Kelly constituait un choix avisé. Un bon président n’hésite pas à s’entourer d’experts et de meneurs forts et expérimentés. Malheureusement, la grande majorité des conseillers les plus compétents ont décidé de quitter la Maison-Blanche. Une fois libérés de la discrétion associée à leur fonction, ils sont rarement élogieux concernant le président et son entourage.     

Si les propos de Kelly vous intéressent, The Hill y consacre un article. Vous cliquez ici.