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Saguenay: un père sauve la vie de son fils en lui donnant un rein

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SAGUENAY | Deux mois après avoir reçu un rein de son père, un Saguenéen de 30 ans reprend du mieux et raconte sa touchante histoire, en présence de celui qui lui a sauvé la vie.  

«Tu te rappelles la vie, là. C'est vraiment fragile. C'est vraiment important. C'est un cadeau», a témoigné Simon Lessard, jeudi.  

Le 6 décembre dernier, son père, Gilbert Lessard, lui a donné un rein. Les liens entre les deux hommes n’ont jamais été aussi forts.  

«Ça ne se brisera jamais. C'est un maillon qui est fort», a dit Simon Lessard, jeudi, à la caméra de TVA Nouvelles.  

Gilbert Lessard juge que c’était simplement naturel d’agir comme il l’a fait. «Il n'y a pas un parent qui ne ferait rien pour son enfant au point de vue de la qualité de vie. Donc, on ne se pose pas la question. On y va.»  

En 2017, son fils alors âgé de 27 ans avait appris qu'il était atteint de la maladie de Berger. «Ce sont des choses qui se stockent dans les reins et qui ne sont pas éliminées, a expliqué Simon Lessard. Ça cause une détérioration des reins. C'est irréversible.»  

En deux ans, ses deux reins avaient perdu plus de 90% de leur capacité. Il a alors été contraint de suivre trois traitements de dialyse rénale par semaine.  

La sœur et la mère de Simon Lessard se sont inscrites pour lui donner un rein, mais ce n'était pas médicalement concluant.  

Son père figurait aussi sur la liste. «J'ai deux reins qui fonctionnent bien et mon fils est en carence. Je me suis dit: "on ne se pose pas la question"», a raconté l’homme de 60 ans.  

Pendant neuf mois, il a dû subir divers tests physiques et psychologiques. «Ils (l’équipe médicale) m'ont même dit: "Gilbert, si tu veux arrêter, tu nous le dis. On arrête".»  

Mais il n’a jamais douté de son choix.  

«Au début, je n'étais pas capable de parler à personne; j'étais tellement ému, a expliqué Simon Lessard, qui est aujourd’hui âgé de 30 ans. Ma mère m'a donné la vie et mon père me permet de la continuer. Ça fait drôle.»  

Le paternel en rajoute: «Ça a pris neuf mois entre le temps que je m'inscrive et le temps qu’il soit greffé. C'est une autre gestation! Les gens disent tout le temps: "toi, tu as du mérite", mais dans le fond, ce n'est pas une question. C'est viscéral.»  

Gilbert Lessard se réjouit de voir son garçon en parfaite santé, deux mois seulement après la greffe. «Ça doit faire deux ans que je n'ai pas eu d'énergie comme ça, a témoigné Simon Lessard. Le rein d'un donneur vivant en santé comme mon père, c'est de l'or à comparer d'un donneur qui a eu un accident. Il y a des antirejets à prendre tous les jours. Et ça, c'est à vie. Il ne faut pas passer une dose. C'est la seule contrainte, vraiment. Puis, on garde une bonne hygiène de vie.»  

Cette intervention a transformé la vie des deux hommes.  

«Je lui dis souvent: j'aime mieux avoir donné mon rein vivant que mort. Au moins, je grandis avec ça», a assuré Gilbert Lessard, qui venait de partir à la retraite quand il s’est inscrit sur la liste des donneurs.  

Son garçon va encore plus loin. «Avant la maladie, j'étais "Iron Man". Il ne pouvait rien m'arriver. C'est impossible à 26 ou 27 ans. On ne fait pas attention à rien. Aujourd'hui, je le sais que la vie, c'est un fruit. Il faut que tu lui fasses attention. Ça vaut cher. L'argent, les autres, les projets, ç’a tout changé. C'est une deuxième vie. On apprend à vivre avec ça.»  

Ils voudraient maintenant que leur expérience devienne un exemple pour ceux qui hésitent à recourir à une greffe de rein.