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Un hommage touchant et universel

Kevin McCoy aborde l’intime et le plus grand

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Kevin McCoy

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On retrouve un petit quelque chose d’unique dans le théâtre de Kevin McCoy. Il y a de la sensibilité, de la finesse, une imagerie et un style bien défini. Le devisement du monde conclut de belle façon cette grande fresque sur l’intime et le plus grand. 

À l’affiche de nouveau aujourd’hui, demain et le 20 janvier, cette création du Théâtre Humain, présentée en première mondiale au Diamant, est le dernier volet d’un triptyque qui sera présenté dans sa totalité le 22 février. 

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Après avoir raconté son arrivée au Québec dans Ailleurs en 2005 et s’être lancé à la recherche de ses origines norvégiennes de sa grand-mère avec Norge en 2015, l’auteur, acteur et metteur en scène s’intéresse à sa relation avec son père Larry.  

Un père, curieux, qui lui a donné le goût d’aller à la rencontre de l’autre et de découvrir le monde. 

Une histoire qui est racontée avec, en toile de fond, les voyages de Marco Polo sur la route de la soie. Un explorateur devenu passionné de voyages et de découverte par l’entremise de son père Niccolo. 

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Fasciné par le parcours de Marco Polo, Kevin McCoy se rend à Venise pour effectuer des recherches sur ce personnage dans le cadre d’un projet de spectacle. Des recherches qui seront interrompues, lorsqu’il apprendra que son père est gravement malade. 

Plateau circulaire 

La première partie de la pièce, qui se déroule dans un centre de soins palliatifs à Chicago, est consacrée aux cinq derniers jours de sa vie. Des moments difficiles, émotionnellement, pour le fils qui se rend à son chevet. 

Kevin McCoy et Louis Fortier et Sarangerel Tserenpil, qui jouent plusieurs rôles, évoluent sur et autour d’un ingénieux plateau circulaire en mouvement. 

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Les projections vidéo sont belles et imposantes. La trame sonore colle parfaitement aux ambiances qui sont en place, comme ce superbe moment où Kevin, son frère et sa sœur observent, vibrations incluses, le décollage de la fusée Saturne V de la mission Apollo 14. 

L’histoire évolue lentement et tout à coup on est happé, lors d’un monologue où Kevin McCoy rend hommage à son père sur le point de mourir. Un moment intime, touchant et puissant.  

Au retour de l’entracte, on suit l’auteur, acteur et metteur en scène lors d’un voyage en Mongolie, un des pays visités par Marco Polo. Un voyage documenté avec des images qui ont été tournées là-bas.  

On sent un certain flottement lors de segment. On se perd un peu avec l’arrivée d’un photographe qui débarque tout à coup dans l’histoire et une référence fantaisiste au personnage d’Arlequin de Goldoni. 

Les fils, heureusement, s’attachent à nouveau, dans la dernière ligne droite, afin de conclure, de belle façon, cette grande fresque théâtrale. La boucle est bouclée. 

Kevin McCoy offre un théâtre différent. Un théâtre beau, sensible, tout en délicatesse et humain. Il parle de sa vie et il réussit à toucher à travers des sentiments personnels qui deviennent universels. Il nous amène ailleurs et pas très loin en même temps. Il nous donne le goût, à travers son histoire et celle de Marco Polo, de partir et d’explorer.