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Guy Nantel : un joker en politique

Guy Nantel : un joker en politique
Photo d'archives, Agence QMI

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On connaît les homophobes, les grossophobes, les xénophobes. Mais connaissez-vous les humorophobes ? Ils considèrent qu’humoriste n’est pas un métier assez noble pour se présenter en politique.   

Quand Guy Nantel a annoncé hier qu’il se présentait à la chefferie du PQ, certains l’ont traité d’« Amuseur public », de « Clown » ou y on t vu le signe que le « comico-populisme » allait envahir le Québec.  

C’est bizarre, quand même. Les humoristes sont partout, partout, partout. Mais il faudrait qu’ils se tiennent loin de la politique. C’est une blague ? 

  • Guy Nantel était à On n'est pas obligé d'être d'accord sur QUB radio:

JUSTE POUR RIRE 

Au Québec, ce n’est pas la première fois qu’un artiste se lance en politique : pensons au comédien Pierre Curzi (qui nous a bien fait rire dans la célèbre scène de branlette du Déclin de Denys Arcand) ou le comédien Maka Kotto (qui a joué dans la comédie Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer). 

Yves Duteil a été maire pendant 25 ans de Précy-sur-Marne, en France. 

Si le gars qui gratte sa guitare en chantant « En écoutant chanter les gens de ce pays » a pu se lancer au municipal, pourquoi le gars qui fait de l’humour politique, qui fait des vox pop politiques et qui a écrit un brillant essai politique (Je me souviens... de rien) ne pourrait pas se lancer... en politique ? 

Yves Duteil a déjà dit : « Quand vous êtes un artiste connu et que vous rencontrez le public, le contact est bref et il est rare que vous vous souveniez des gens. En tant que maire, le contact avec les habitants vous oblige à les regarder, les écouter, les respecter. Avoir été maire a changé ma vie. » 

Et si la politique changeait la vie de Guy Nantel, ça ne serait pas drôle, ça ? 

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Clint Eastwood a été maire de Carmel en Californie. Arnold Schwarzenegger, gouverneur de la Californie. Ronald Reagan, président des États-Unis. 

Il ne faudrait pas oublier qu’une des politiciennes les plus adorées de la gauche s’appelle Alexandria Ocasio-Cortez, et que lorsqu’elle s’est lancée en politique elle était... barmaid. C’est aujourd’hui la plus jeune candidate élue au Congrès américain. 

Si une fille qui sert des verres peut devenir représentante de New York, pourquoi un gars qui sert des blagues ne pourrait pas devenir le premier président de la République du Québec ? 

PRÉSIDENT NANTEL ? 

Hier, Guy Nantel a déclaré : « Jamais de l’histoire de l’humanité, un peuple qui a été colonisé, un coup qu’il est devenu souverain a ensuite souhaité revenir avec son colonisateur. » 

Or, c’est exactement la prémisse de la série de Radio-Canada La Maison Bleue, qui a pris l’affiche hier sur tou.tv. 

Alors que le Québec est indépendant depuis 1995, un sondage indique qu’une majorité de Québécois souhaitent revenir dans le giron canadien. 

Dans l’épisode 4, alors qu’on parle d’échanger des territoires au nord du 53e parallèle, le vice-président du Québec, un gros colon pas de classe, affirme : « Nos électeurs savent pas c’est quoi un parallèle. Ils pensent que c’est une façon de se parquer. » 

Au début, je trouvais cette réplique méprisante pour les électeurs québécois. Mais quand on y pense, c’est le genre de réponse qu’on aurait obtenu dans un vox pop... de Guy Nantel. 

Sophie Durocher anime On n'est pas obligé d'être d'accord de midi à 13h sur QUB radio