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L’annulation des trains coince des milliers de voyageurs

Des membres des Premières Nations bloquent des chemins de fer au pays

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Photo REUTERS Un homme et un chien traversaient hier un chemin de fer pendant que des Mohawks de Tyendinaga en Ontario bloquent les voies utilisées par VIA Rail. Ils protestent contre un gazoduc qui passe sur des terres autochtones en Colombie-Britannique.

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La crise des blocus autochtones de voies ferroviaires donnera davantage de maux de tête aux milliers de voyageurs pris dans différentes gares au pays, avec l’annulation d’une durée indéterminée de trajets en train. 

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Le Canadien National a annoncé hier procéder à un arrêt progressif de ses activités dans l’est du Canada, entraînant aussi la suspension jusqu’à nouvel ordre de toutes les liaisons de VIA Rail à travers le pays.

Depuis neuf jours, les manifestations autochtones contre le gazoduc Coastal GasLink sur le réseau ferroviaire provoquent des arrêts de services.

Déjà, plusieurs dizaines de milliers de voyageurs d’un océan à l’autre ont été affectés par le blocage des chemins de fer. 

Et l’annulation va assurément compliquer le retour à la maison pour ceux-ci dans les prochains jours, en raison du manque d’options.

C’est le cas d’un Québécois, à Winnipeg, qui a dû attendre 18 heures mardi dans un wagon de VIA Rail avant d’apprendre qu’il serait impossible de partir vers Montréal en raison des manifestations. Il était techniquement censé arriver aujourd’hui, en matinée.

« Le bordel »

« C’est vraiment le bordel, ici, les employés ne savent pas trop quoi faire pour aider tout le monde, ils disent qu’ils n’ont jamais vu ça », a déploré Martin Joseph, d’un ton bien découragé. 

« Ils [les manifestants] ont mis un bulldozer sur les rails de chemin de fer, à environ 25 kilomètres de Winnipeg. »

« On a poireauté longtemps, il n’y avait rien à faire. Ils ont finalement vidé le train et ils nous ont amenés en autobus dans un hôtel de Winnipeg. Ils ne pouvaient pas nous dire grand-chose, car eux-mêmes semblent dépassés par la situation. Au moins, c’est un peu la seule consolation, qu’on soit logés », a expliqué M. Joseph.

L’ingénieur en réseautique multipliait les démarches hier afin de trouver une solution pour revenir au Québec. 

Retour en voiture de location

« C’est impossible par avion, tout est booké, affirme M. Joseph. Ma seule solution, ce serait de louer une voiture, mais c’est compliqué. »

Finalement, en fin de journée, hier, il a réussi à trouver une voiture de location et comptait partir dès ce matin vers la Belle Province.

« Je finissais un contrat dans le nord de la Colombie-Britannique et j’en commence un nouveau lundi, à Sherbrooke. Je ne peux pas rester ici à attendre et dire à mon nouvel employeur que je ne peux pas arriver », justifie M. Joseph, qui estime que près d’une centaine de Québécois sont pris à Winnipeg.


Winnipeg-Montréal représente un périple d’environ 2300 km et de plus de 25 heures de route.