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Canadien: le DG Marc Bergevin entre deux chaises

Penguins c. Canadiens
Photo Martin Chevalier

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Le temps presse. On s’attendait à une réponse encourageante de la part de ce groupe dont le travail inlassable fait l’unanimité... mais les résultats n’accompagnent pas toujours l’effort. 

Le Canadien a connu une séquence de 8-2-0. Combien de points a-t-il gagnés pendant cette période fébrile ? Deux. 

Il vient de perdre deux matchs de suite, et les conséquences sont difficiles à encaisser puisque l’écart qui le sépare des Panthers de la Floride et des Maple Leafs de Toronto s’agrandit. 

Et, comble de malheur, les mauvaises nouvelles s’accumulent. 

Jonathan Drouin revient au jeu... un retour qui ne répond pas aux attentes des décideurs. Ça se produit quand un joueur, après une longue inactivité, reprend le collier au moment où la compétition est à son plus haut niveau. 

Puis, voilà que Shea Weber ne jouera pas avant quatre semaines. 

Autant dire que la saison est pratiquement terminée pour lui. Un coup qui fait grimacer tout le monde. L’impact s’est rapidement fait sentir, surtout mercredi soir à Boston. Les Bruins ont envahi le territoire du Canadien avec une aisance inouïe, profitant des largesses d’une équipe trop souvent embouteillée dans la zone centrale et cherchant à se sortir d’impasse en commettant des revirements, au grand plaisir du dangereux trio des Bruins. 

Un match dur, avec des coups sournois, parfois violents qui n’ont certainement pas aidé la cause du Tricolore. 

Équipe courageuse 

Cette équipe ne manque pas de courage, on le constate à chaque match. Phillip Danault jouait en dépit d’une blessure. Tomas Tatar a une main endolorie, et Jeff Petry qui encaisse un coup de bâton de Brad Marchand directement dans les parties. Quand on vous dit que le hockey qui se joue présentement, c’est le prélude aux séries éliminatoires. Plus des deux tiers des formations sont impliquées dans un tournoi par élimination avec comme objectif une qualification pour le grand tournoi printanier. 

Ça joue dur et les arbitres sont également en mode des séries éliminatoires, par conséquent, on ferme les yeux sur plusieurs infractions. 

Frustration 

Il ne fait aucun doute qu’on décèle une certaine frustration chez le Canadien. Brendan Gallagher, cloué au banc lundi, alors que les siens travaillaient à cinq contre trois face aux Coyotes, n’a pas apprécié. On peut le comprendre. 

Mercredi, il a passé une dure soirée contre Zdeno Chara.  

Quand on précise que le temps presse, c’est que la haute direction devra éventuellement prendre une décision. Comment va-t-elle composer avec la date limite des échanges ? 

La présente semaine se veut déterminante au sujet du scénario qui sera adopté. On mentionnait qu’une récolte de cinq points sur huit garderait l’espoir, la possibilité de réaliser l’impensable. 

Or, voilà que le Canadien a perdu les deux premiers matchs de cette séquence de quatre duels en une semaine. Les deux prochains rivaux sont des équipes bien nanties, parmi les meilleures de la ligue : les Penguins de Pittsburgh et les Stars de Dallas. 

Cinq matchs... 

Et, si on regarde attentivement le classement, toutes les équipes que le Canadien pourchasse ont toutes au moins deux matchs de plus à disputer. Je sais, il faudra que ces équipes gagnent ces matchs, c’est évident. Cependant, ça complique la tâche d’une équipe qui lutte pour sa survie parce qu’elle n’a pas le droit à l’erreur.   

Dans les faits, Marc Bergevin verra son équipe disputer cinq matchs d’ici le 24 février, alors que les équipes pourront effectuer des transactions. Quatre de ces cinq rencontres seront disputées à l’étranger et deux opposeront le Canadien aux Red Wings de Detroit et les Sénateurs d’Ottawa. 

Joueurs attrayants 

On peut présumer que Marc Bergevin a reçu quelques appels de la part de ses homologues qui, on s’en doute bien, surveillent la situation du Canadien parce qu’Ilya Kovalchuk, Tomas Tatar, Jeff Petry, Max Domi et quelques autres joueurs, des employés de soutien surtout, ont tout de même une valeur sur le marché. 

Ils sont attrayants pour des équipes qui veulent consolider leur position au classement. D’autres souhaitent dénicher quelques joueurs pour améliorer leurs chances d’une qualification pour les séries. 

Cependant, Bergevin doit manœuvrer en fonction de la prochaine saison. Depuis trois ans, Weber est incapable d’éviter l’infirmerie et il aura 35 ans au prochain camp d’entraînement. Est-il dans une position pour échanger Petry, le seul défenseur droitier possédant plusieurs années d’expérience ? Par contre, le marché des joueurs autonomes sans restriction sera couru par bien des équipes en raison de la qualité des défenseurs. Encore faut-il trouver un moyen pour attirer les joueurs dans un marché bien particulier. 

Le poids de l’argent 

On a fait tout un plat avec la nouvelle proposition de la Fédération internationale de hockey sur glace et du Comité international olympique déposée récemment sur le bureau de Gary Bettman. 

On parle d’une plus grande ouverture d’esprit, on veut offrir aux décideurs du hockey professionnel la possibilité de vendre leur produit en utilisant le logo des Jeux olympiques.   

Les dépenses de voyage seront payées par les organisateurs des Jeux, le coût des assurances sera défrayé par la FIHG. 

Bref, on a modifié la politique de gestion. 

Sauf que les propriétaires n’ont toujours pas un intérêt poussé pour les Jeux olympiques, sachant qu’ils devront interrompre le calendrier des matchs au moment où le hockey et le basketball se partagent le marché du sport professionnel. 

L’exemple de Tavares 

Et les équipes risquent de perdre un joueur de haut niveau si jamais une blessure venait contrecarrer leurs plans. 

L’exemple de John Tavares, alors avec les Islanders de New York, alimente constamment les discussions. Il avait été blessé lors des Jeux olympiques et avait été perdu pour le reste de la saison de la LNH. 

Pour les patineurs, c’est une autre histoire. Qui ne rêve pas de représenter son pays dans le cadre du plus grand tournoi de la planète ? 

Le débat fera l’objet d’une longue discussion entre les joueurs et les propriétaires, qui se sont rencontrés deux fois cette semaine et qui ont inscrit deux autres rendez-vous à leur agenda dans la prochaine semaine.