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Les signaleurs veulent une meilleure formation

Leur association cherche à augmenter leur sécurité

Jean-François Dionne
Photo d'archives, Agence QMI Jean-François Dionne

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L’Association des travailleurs en signalisation routière du Québec (ATSRQ) aimerait que ses membres puissent bénéficier d’une formation plus sérieuse, alors que le nombre de victimes sur les chantiers routiers ne cesse d’augmenter.

C’est l’une des revendications que le président de l’ATSRQ, Jean-François Dionne, et celui de la CSN-Construction, Pierre Brassard, ont formulées vendredi matin au cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel.

« On a demandé de devenir un joueur important dans les discussions et les plans d’action pour la protection des travailleurs », a indiqué M. Dionne. Il s’est dit bien satisfait du déroulement de la rencontre, qui a eu lieu avec un membre du personnel du ministre, en l’absence de ce dernier.

« La formation est bidon et doit être revue. Elle se donne en ligne et ce n’est pas la meilleure chose », avance M. Dionne, qui plaide pour une formation plus traditionnelle en classe.

Visibilité

Il souhaite également un accompagnement des nouveaux candidats, une fois la formation terminée.

« Avant de devenir signaleur, un nouveau travailleur pourrait avoir une carte temporaire. Il pourrait travailler 150 ou 300 heures avec un compagnon qui pourrait bien lui montrer le danger avant qu’il ne soit jeté dans le trafic. »

Le président de l’ATSRQ suggère aussi de modifier l’habillement des installateurs des cônes orange qui délimitent les zones de chantiers et les déviations de la circulation.

« Les automobilistes roulent en fou à leur côté et ils se font frapper par les rétroviseurs. Ils portent une veste et un casque orange. On propose qu’ils portent un uniforme différent pour qu’ils soient visibles près des cônes orange. »

Selon les informations obtenues par M. Dionne, le ministère des Transports (MTQ) prépare actuellement son prochain plan d’action en matière de sécurité sur les sites de travaux routiers.

« Ils réalisent que le plan d’action 2016-2020 n’a pas été un grand succès. Ils ont trois ans pour réaliser le prochain, mais nous n’attendrons pas trois ans, nous voulons des résultats le plus vite possible. Nous allons continuer à mettre de la pression pour que ça avance. »

Lourd bilan

Cet empressement, Jean-François Dionne le justifie par les chiffres de signaleurs victimes d’accidents sur des chantiers routiers. Des chiffres qui ne cessent de croître.

« Nous avons eu trois morts et un blessé à vie (en 2019). Nous n’avons pas encore les chiffres des blessés, mais de 2016 à 2018, ils ont augmenté de 60 %, passant de 47 à 76. »

M. Dionne aimerait aussi que la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) en fasse davantage pour faire passer le message aux conducteurs.

« La SAAQ ne nous a jamais contactés. On voit leurs messages à la télé sur les piétons et les motos. Mais des publicités avec des signaleurs, on n’en a pas vu depuis un certain temps. Ça va en prendre des annonces-chocs », conclut-il.