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À bicyclette au centre-ville

Vers 1980

Avant Après
Photo Fonds Le Monde à bicyclette, Cyclo Nord-Sud
Photo Ben Pelosse

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UN CENTRE-VILLE CONGESTIONNÉ 

Photo Fonds Le Monde à bicyclette, Cyclo Nord-Sud

Vers 1980, le trafic est dense alors que l’autobus 15 de la CTCUM et plusieurs véhicules sont à l’arrêt au feu rouge sur Sainte-Catherine Ouest, au coin Stanley. Depuis quelques décennies, l’automobile s’impose dans les rues de la métropole. Mais ce n’est pas sans conséquence. Déjà en 1965, Jean Marier, l’ingénieur au service de la Santé de Montréal, annonce dans les journaux que la question de la qualité de l’air est en train de devenir le problème no 1 de la santé publique. Au centre-ville, les concentrations de monoxyde de carbone deviennent préoccupantes. Pour diminuer le smog aux heures de pointe, les experts préconisent la construction de voies routières de contournement, pour diminuer le trafic, et l’implantation de filtres antipollution sur les pots d’échappement des voitures. La bonification du transport en commun est aussi recommandée. Certains iront plus loin, contestant la place de l’automobile en ville et optant pour un autre mode de locomotion sur... deux roues. 

CHEZ ARLINGTON SPORTS 

Photo Fonds Le Monde à bicyclette, Cyclo Nord-Sud

Au nord de la rue, les lettres rouges d’Arlington Sports captent l’attention. Avant sa fusion avec Sports Experts en 1984, ce magasin d’équipement sportif détenait plusieurs succursales dans les centres commerciaux de la banlieue montréalaise ainsi que sur la rue Sainte-Catherine Ouest depuis le début des années 1970. Cela coïncide avec l’intérêt accru des jeunes adultes pour la santé, le plein air et le sport. Le cyclisme sportif connaît d’ailleurs un boom important. Si, au tournant du XXe siècle, la bicyclette était considérée comme un moyen de transport, elle est reléguée progressivement au statut de jouet pour enfant. Mais avec le développement de nouveaux modèles performants pour tous les âges, près de deux millions de vélos sont vendus au Canada entre 1970-72. La flambée des prix de l’essence en 1973 amène certains Montréalais à prendre leur bicyclette pour aller au travail. En marge du cyclisme sportif, le mouvement du vélo urbain prend son envol. 

DES CYCLISTES UNIS 

Photo Fonds Le Monde à bicyclette, Cyclo Nord-Sud

Vêtu d’une chemise de laine, ce cycliste traverse l’intersection Stanley vers 1980. Beaucoup moins nombreux qu’aujourd’hui, les quelques cyclistes d’alors peinent à circuler dans les rues achalandées de la métropole. Leur sort encore marginal n’intéresse guère l’administration Drapeau. Comme l’union fait la force, un groupe de citoyens montréalais fonde « le Monde à bicyclette » (MAB) en 1975. Pour eux, la bicyclette est « un transport urbain légitime, mais aussi la solution pour une ville plus verte, juste et apaisée ». Le MAB revendique une redistribution de l’espace pour que la bicyclette puisse s’épanouir comme moyen de transport. Ainsi, dans les années 1980, les cyclistes obtiennent l’aménagement des premiers tronçons cyclables au centre-ville ! La piste cyclable De Maisonneuve est finalement unifiée en 2008 et baptisée « Claire Morissette », en l’honneur d’une porte-flambeau du MAB. Rallongée vers l’est en 2018, elle est utilisée par plus d’un million de cyclistes chaque année.