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«Ma passion pour la santé mentale est aussi forte que celle pour la musique» -Florence K

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Photo Agence QMI, Steve Madden

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Automne 2018. Après avoir lancé coup sur coup les albums Estrellas, puis We Love Belafonte, un doute obsède Florence K. L’industrie musicale, en pleine transformation, est-elle toujours celle qui lui convient le mieux ? C’est alors qu’une réorientation de carrière, passant par un retour aux études en vue de devenir psychiatre, est venue raviver sa passion, comme en fait foi sa nouvelle offre, intitulée simplement Florence.

« L’industrie a tellement changé : il n’y a plus d’émissions de télé consacrées à la musique, lancer un album représente maintenant un gros risque financier quand tu le produis toi-même... Tout ça, ça me créait beaucoup d’angoisse et des anxiétés, deux choses que je ne gère pas très bien », confie Florence K en entretien au Journal. 

« Je me suis dit que je devrais peut-être quitter l’industrie, que j’aurai connu 15 belles années de carrière, plutôt que d’attendre­­­ de devenir aigrie dans 10 ou 15 ans. Ma passion pour la santé mentale est aussi forte que celle pour la musique, alors il était peut-être temps pour moi de bâtir mon futur ailleurs », poursuit-elle. 

Briser les tabous

La chanteuse a fait de la santé mentale son cheval de bataille après avoir vécu un épisode dépressif majeur en 2011. Bien déterminée à effriter le tabou entourant le sujet, elle est donc retournée sur les bancs d’école pour, éventuellement, exercer la psychiatrie. Si tout va bien, elle obtiendra son titre en 2030, à l’âge de 47 ans. 

Mais c’est à ce moment-là que sa relation avec la musique s’est transformée. Redevenant un passe-temps, plutôt qu’un métier dont elle dépendait financièrement, le plaisir, celui à l’état pur, est revenu. Une chose était désormais certaine : les deux passions de Florence K pouvaient coexister. En fait, elles devaient coexister.

« La musique était à nouveau une échappatoire pendant mes études, comme à mes débuts, quand j’ai fait mon baccalauréat en communications. Jouer et chanter n’étaient plus une source de stress, mais plutôt de bonheur. Ça m’a aussi fait réaliser à quel point j’ai la musique dans la peau. Je ne pourrais jamais m’en passer », déclare-t-elle. 

100 % francophone

Voilà donc qu’elle dévoilait hier ce Florence, précédé récemment par son premier extrait, Pas grand-chose pour être heureux. Au fil de neuf pièces aux accents soul et électroniques, toutes chapeautées par le réalisateur Jean Massicotte, la chanteuse y aborde différents thèmes, comme la monoparentalité, la surconsommation et la santé mentale, toutes en français. Il s’agit d’ailleurs de la première fois où elle se colle exclusivement à sa langue maternelle. 

Pourquoi un album entièrement francophone ? La chanteuse estime que l’émission de radio C’est formidable !, qu’elle pilote sur les ondes de CBC, y est pour quelque chose. Chaque semaine, elle y fait découvrir à ses auditeurs anglophones ses coups de cœur musicaux d’ici et d’ailleurs, tous dans la langue de Molière. 

« Quand j’ai commencé l’émission, je me suis dit qu’il fallait que je me mette à jour en matière de musique francophone. J’ai fait des tonnes de découvertes au fil de mes recherches, et comme je baigne dans ce monde-là chaque semaine, c’est évident que ça m’a inspirée pour cet album », avance-t-elle. 

Tournée et études

À peine Florence déposé dans les bacs, la chanteuse le porte déjà sur scène, quelques représentations de sa nouvelle tournée ayant déjà eu lieu. Elle se poursuivra ainsi parallèlement à ses études. 

« Je suis bien organisée, j’ai tout prévu pour pouvoir diviser mon temps entre la musique et les études », assure-t-elle. 


► L’album Florence est présentement sur le marché. La tournée s’arrêtera, entre autres, au Théâtre petit Champlain de Québec, le 9 avril, et au Théâtre Outremont de Montréal, le 30 avril.