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Tame Impala livre l’équivalent musical de La Pitoune

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En 2015, Kevin Parker faisait paraître Currents, un troisième album déterminant pour son projet Tame Impala.

Tame Impala

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★★★★

The Slow Rush

En plus de délaisser le psychédélisme au profit de musiques secouant davantage le bassin, le multi-instrumentiste venait happer bon nombre de hipsters esseulés avec ce disque mené par la bombe The Less I Know The Better, véritable hymne pour cocus sensibles (si ce n’est pas déjà fait, visionnez le clip délirant accompagnant la pièce sur YouTube).

À peine cinq ans plus tard, l’électron libre est maintenant le péché mignon de monsieur et madame Tout-le-Monde et s’apprête même à fouler les (immenses) planches du Centre Bell cet été. Et, surtout, il livre cette semaine The Slow Rush, un LP qui, exploit plutôt rare, dépasse des attentes incommensurables.

L’après Currents

Sans être « Currents: prise deux », The Slow Rush accompagne à merveille son prédécesseur, Parker poursuivant dans la vague électro qui l’a soulevé.

Là où cette quatrième œuvre se distingue, en fait, c’est dans sa cohésion.

Voici des comparaisons boiteuses à des manèges

Alors que l’œuvre précédente tenant davantage d’une montagne russe ponctuée de hits (Let It Happen et la susmentionnée The Less I Know The Better, notamment) entre des passages plus lents (voire barbants avec le recul), cette nouvelle offrande se veut plus constante et rafraîchissante. L’équivalent de la défunte Pitoune, quoi.

En gros : on devine où ça s’en va, certes, mais la conclusion demeure tout de même satisfaisante tant le périple – moins en dents de scie – est agréable.

Et, qui sait, peut-être que les fans les plus hardis de Tame Impala en sortiront un brin mouillés itou ? À suivre !

Florence K

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★★★

Florence

Deux ans après la parution d’Estrellas, un album imprégné d’influences cubaines, l’autrice-compositrice-interprète surprend en proposant, cette fois-ci, une production dans la langue de Molière qui s’avère plutôt nouvelle chanson française. La chanteuse et pianiste étonne aussi par l’abondance de fioritures électro qui l’accompagne (un peu trop ?) ainsi que par son choix de thématiques allant de pièces très personnelles aux textes engagés (Valentine, par exemple, dénonce l’industrie de la mode). En résulte un album un brin hétérogène, mais quand même intéressant. À (re)découvrir !

Orloge Simard

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★★★★

À chacun son Waterloo

Secret de moins en moins bien gardé de la proverbiale scène locale, Orloge Simard pourrait finalement rejoindre le fameux grand public avec cette nouvelle offrande ambitieuse. Outre la production relevée, la troupe troque quelques grivoiseries au profit d’une œuvre concept suivant les tribulations historiques d’un pantin (oui, oui). Bref, on est à des années-lumière d’Eurk ! Un condom, entendu sur Beuvez toujours, ne mourez jamais (2017). Musicalement, pour les néophytes, imaginez un bébé issu d’ébats houblonnés entre les Cowboys Fringants et GrimSkunk. Ça donne le goût, non ?

Penny Diving

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★★★½

Big Inhale

Près de deux années après avoir dévoilé une première pièce – une reprise de Talking Heads – sur Bandcamp, le trio formé par les musiciennes et sœurs Chantal et Kathleen Ambridge (The Muscadettes) ainsi que Thomas Augustin (Malajube, Jesuslesfilles) livre finalement un premier album plutôt shoegaze épatant. Vous me voyez venir, mais bon : c’est donc mi-vaporeux, mi-brut ainsi que fuzzy à souhait. Le projet ne fait nullement dans la nostalgie, mais il serait quand même tentant de lui lier des groupes cultes typiquement nineties à la My Bloody Valentine, voire The Pixies. 

Coup de coeur

TAMI NEILSON

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★★★★

CHICKABOOM!

Canadienne relocalisée en Nouvelle-Zélande, Tami Neilson est égale à elle-même – c’est à dire excellente – sur ce nouvel album. Deux ans après Sassafrass !, un LP aux textes féministes plus convaincants que bon nombre de ses musiques plus kitsch, l’artiste rockabilly opte pour une direction généralement plus sombre et country, faisant autant écho à des classiques de Skeeter Davis et Wanda Jackson qu’à des références plus contemporaines à la Elle King et Les Deuxluxes. Idéal pour contrer un hiver morose, bref.