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Trouver des employés heureux qui contaminent tout le monde

Appalaches Nature a trouvé un bon moyen pour contrer la pénurie de personnel

Appalaches Natur
Photo courtoisie Serge Dubois et François Dubois, cofondateurs d’Appalaches Nature, qui a doublé ses effectifs en un peu plus d’un an.

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Appalaches Nature jure qu’elle ne sent pas les effets de la pénurie de main-d’œuvre. Les candidats se bousculent au portillon pour travailler pour la PME de Thetford Mines, spécialisée dans la production et la transformation de produits de l’érable.  

Bien des entreprises déplorent ne plus recevoir de candidatures. Pas Serge Dubois. Des CV, il en reçoit tous les jours.  

« J’en ai une pile sur mon bureau qui doit bien faire cinq pouces de haut », précise le cofondateur et directeur, approvisionnements et ressources humaines. 

Au moment de l’entrevue, il était justement en train d’en éplucher. C’est qu’Appalaches Nature est en pleine croissance.  

Un peu avant Noël, Serge Dubois a procédé à huit embauches, et quelques postes restent encore à pourvoir.  

Appalaches Nature est le fruit d’un partenariat entre Famille Michaud Apiculteurs, un producteur de miel français, et Biodélices, l’entreprise de transformation fondée par les cousins Serge et François Dubois.  

Cette association représente le premier jalon de leur expansion internationale. Elle a entraîné la construction d’une nouvelle usine inaugurée l’an dernier. La PME a doublé ses effectifs qui atteignent aujourd’hui un peu plus de 40 employés.   

Critères d’embauche 

Comme recruteur en chef, Serge Dubois lit chaque CV, mais ne se laisse pas impressionner par la présentation ni même les qualifications.  

« C’est la personnalité des gens qui compte. J’y vais au feeling. Je cherche des gens qui ont du plaisir à travailler. Les employés heureux contaminent tout le monde, et c’est ce qui contribue à une bonne ambiance. » 

Sa stratégie rapporte. En 12 ans, aucun employé ne lui a remis sa lettre de démission. Un score parfait... jusqu’à l’an dernier alors que deux personnes ont quitté l’entreprise. 

« Une personne était surqualifiée pour son poste et on ne pouvait lui offrir mieux à court terme. L’autre a reçu une offre qu’il n’a pas pu refuser. Mais il a demandé à rester au sein de notre équipe de hockey. Il voulait garder le contact », explique Serge Dubois. 

Un autre de ses atouts comme recruteur, c’est qu’il connaît bien les postes qu’il a à offrir.  

« Je mets souvent la main à la pâte. Je sais donc quelles sont les aptitudes et les attitudes dont on a besoin. » 

Pour favoriser la rétention, Appalaches Nature n’a pas eu besoin d’offrir des ponts d’or à ses employés. « Nos salaires sont compétitifs, sans plus. Et on offre un programme d’assurance groupe standard. »  

Conserver la chimie 

Son plus grand souci : conserver la chimie qui existe entre les employés.  

« On a une super équipe, il faut donc que j’embauche des super recrues pour conserver l’équilibre. Sinon, je risque de détruire cet écosystème. » 

Avec l’expansion, il a craint de briser cet équilibre. « Finalement, les nouveaux se sont bien intégrés. L’équipe était tellement débordée que tout le monde était content d’avoir de l’aide. » 

1,4 million de postes à pourvoir d’ici 2028 

Selon les plus récentes prévisions d’Emploi-Québec, ce sont 1,4 million d’emplois qui seront à pourvoir au Québec d’ici 2028. C’est ce qui ressort d’une étude diagnostique de 500 professions dévoilée cette semaine par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.Le document donne un éclairage sur les métiers et professions qui présentent les meilleures perspectives d’emploi, aujourd’hui et pour les prochaines années.  

Ainsi, il y aura plus d’une centaine de professions en déficit ou en léger déficit de main-d’œuvre en 2023 à l’échelle de la province. Médecins spécialistes, aides-infirmiers, technologues en génie civil, électromécaniciens, enseignants font notamment partie de la liste.   

Pour le Conseil du patronat du Québec, ce diagnostic « montre hors de tout doute que la rareté de main-d’œuvre, loin de s’estomper, s’aggrave, et ce, dans toutes les régions du Québec », affirme Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction du CPQ.  

Salon de l’emploi en Montérégie 

La Chambre de commerce Au Cœur de la Montérégie (CCCM) prépare la deuxième édition de son Salon de l’emploi qui aura lieu le samedi 22 février prochain.  

Plus d’une trentaine d’employeurs de la région qui ont au-delà de 350 postes à pourvoir seront présents.  

Bonduelle, Groupe Robert, Lassonde, A&D Prévost, entre autres, ont confirmé leur présence, dont certains pour la deuxième année consécutive.  

« L’an dernier, le Salon a connu un bon succès de participation. Les employeurs ont procédé à une douzaine d’embauches. On n’a pas eu trop de difficulté à les convaincre de revenir cette année », explique Véronique Côté, directrice générale.  

Les entreprises ont une variété d’emplois à offrir allant des journaliers jusqu’aux postes spécialisés.  

« On compte plusieurs grandes entreprises sur notre territoire. Il y a de belles opportunités de carrière à saisir », ajoute Mme Côté. 

Le Salon de l’emploi au Cœur de la Montérégie se tiendra au Centre sportif de Saint-Césaire.  

Nouvelle banque de travailleurs temporaires 

Les employeurs qui œuvrent dans l’industrie touristique disposent maintenant d’un nouvel outil pour combler leurs besoins en main-d’œuvre temporaire. L’application Dispo, qui vient d’être lancée, donne accès à une banque de travailleurs qui, justement, visent des postes temporaires. 

« Dans un délai de quelques heures, les employeurs peuvent trouver la main-d’œuvre dont ils ont besoin, explique Mathieu Laveau, président fondateur de Dispo. Il leur suffit de déposer leur offre qui sera envoyée immédiatement aux candidats qui sont préqualifiés. » 

Pour garantir la qualification des candidats, l’équipe de Dispo fait passer une entrevue, en personne ou virtuelle, à chaque chercheur d’emploi. Elle valide sa formation et son expérience professionnelle en plus de procéder à une vérification des antécédents judiciaires.  

L’application est gratuite et sans contrat pour les chercheurs d’emplois.  


Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés, s’y préparent.  

Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à sylvie.lemieux@quebecormedia.com