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Bien vivant, le ballon sur glace

ballon sur glace
Photo courtoisie, Fédération québécoise de ballon sur glace

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Vous souvenez-vous du sport qui faisait courir les joueurs sur les patinoires dans les années 70 et 80 ? Qu’on l’appelle ballon-balai ou ballon sur glace, le temps est (re)venu d’empoigner son bâton pour (re)jouer.

Réunissant sur la patinoire deux équipes de cinq joueurs et un gardien de but, le ballon sur glace se pratique en maniant un bâton muni d’un balai en plastique résistant (oubliez les balais de paille trempés dans la résine utilisés autrefois), en chaussant des espadrilles qui adhèrent à la glace, en revêtant un équipement de protection, puis en s’échangeant un ballon en caoutchouc.Les règlements s’apparentent à ceux du hockey à quelques différences près, dont celle du hors-jeu à la ligne rouge, plutôt qu’à la ligne bleue. Les joueurs doivent faire preuve d’endurance, d’agilité et de stratégie en courant sur la glace, en esquivant leurs adversaires et en s’échangeant le ballon pour tenter de le faire entrer dans le but adverse, dont la hauteur est plus élevée que celle d’un but de hockey.

Pas besoin de chausser des patins ni de savoir patiner pour jouer au ballon sur glace, ce qui en fait un sport pouvant facilement rallier de nouveaux joueurs. Mais « c’est un sport exigeant au niveau de la course, il faut avoir un bon cardio », affirme Mario Bernard, membre de l’exécutif des ligues de Bardy et Wendake. La puissance musculaire, la souplesse, l’équilibre et le maniement du bâton s’avèrent également de bons atouts, qui se développent au fil des parties.

« Le ballon sur glace, c’est un mélange de hockey, de soccer et de baseball, car quand on frappe le ballon avec le bâton, on utilise la même technique qu’au baseball, sauf au sol », affirme Alex B. Perreault, directeur général de la Fédération québécoise de Ballon sur glace. 

ballon sur glace
Photo courtoisie, Jean-François Perreault

Puis au-delà des performances et de la saine compétition, ce sport permet à des joueurs et joueuses de tous âges de garder la forme dans une ambiance de franche camaraderie.

Les belles années

Apparu au Canada au début du siècle dernier, ce sport a connu ses belles années dans les décennies 70 et 80, période pendant laquelle le Carnaval de Québec tenait d’ailleurs un tournoi annuel. À cette époque, chaque municipalité avait sa patinoire extérieure pour jouer au ballon-balai, alors qu’aujourd’hui, on s’y adonne davantage à l’intérieur, pour profiter d’une meilleure qualité de glace et de glisse. 

« S’il y a beaucoup d’eau ou de neige sur la glace à l’extérieur, elle comble les trous dans la semelle des espadrilles, qui perdent de l’adhérence et glissent », explique M. Bernard.

Période creuse

Le ballon sur glace a ensuite connu « une phase sombre de 1990 à 2005 environ », indique M. Perreault, qui évoque plusieurs raisons pour l’expliquer, dont « la progression du développement du hockey sur glace au Québec », le peu d’heures de glace disponible dans les arénas et leurs coûts de location élevés. 

Il y a près de 4000 joueurs de ballon sur glace au Québec.
Photo courtoisie, Fédération québécoise de ballon sur glace
Il y a près de 4000 joueurs de ballon sur glace au Québec.

« Encore aujourd’hui, c’est un enjeu », dit-il, puisque les heures de glace se libèrent souvent à des moments moins intéressants de la journée, comme en fin de soirée. M. Perreault envisage d’ailleurs l’idée de jouer en gymnase ou sur des surfaces de hockey de terrain par exemple, pour favoriser la pratique du ballon-balai.

Une autre raison de cette période plus creuse pour ce sport serait que, dans les années 70 et 80, il n’y ait « jamais eu d’investissement mis dans le développement des jeunes », ajoute-t-il.

Un avenir plus radieux

Guylain Guérin de l’Association de ballon sur glace Québec nord-sud se souvient aussi de la popularité du hockey bottine à cette même période, vers lequel se sont tournés plusieurs adeptes du ballon-balai, qui trouvaient plus facile de manier une rondelle avec un bâton de hockey.

Puis en 2006, le vent a tourné avec l’organisation du premier championnat provincial mineur de ballon sur glace. « L’événement a donné le goût à des gens de partir des équipes de jeunes », explique M. Perreault, rendant l’avenir du sport plus radieux.

Une lancée à poursuivre

L’Association de ballon sur glace Québec nord-sud travaille en collaboration avec des écoles primaires pour faire connaître le sport par le biais des cours
d’éducation physique.
Photo courtoisie, Association de ballon sur glace Québec nord-sud
L’Association de ballon sur glace Québec nord-sud travaille en collaboration avec des écoles primaires pour faire connaître le sport par le biais des cours d’éducation physique.

« Le sport va continuer à évoluer. Il y a de plus en plus d’équipes mineures, ce qui va se refléter au niveau senior dans quelques années », se réjouit Alex B. Perreault, directeur général de la Fédération québécoise de Ballon sur glace.Au Québec, on retrouve aujourd’hui 4000 joueurs de ballon sur glace de tous âges, dont environ 1500 font partie de la Nation crie, indique M. Perreault.

Sur les rives nord et sud de Québec, le sport est toujours vivant et n’attend que de se déployer. À Saint-Narcisse-de-Beaurivage, une quinzaine de jeunes (4 à 18 ans) jouent tous les mercredis soirs, entraînés par la jeune Camille Blais, puis encadrés par la mère de cette dernière, Manon Caux. 

Toute leur famille est d’ailleurs mordue de ballon sur glace, Camille et son frère Cédric jouant pour la très active région du Témiscouata, et Cédric faisant même partie du programme sportif de ballon sur glace de l’école secondaire de Cabano.

« Ils ont développé leur autonomie, car ils partent parfois en tournoi sans nous, le sens de l’organisation, des amitiés nouvelles, l’esprit d’équipe, le dépassement de soi », en plus de prendre soin de leur santé et d’être conscients de l’importance de bien manger, affirme Mme Caux.

Pour cette famille, le ballon-balai s’avérait un sport « moins prenant » en termes de temps et d’investissement que le hockey. « Pour 150 $, tu peux faire ta saison de ballon sur glace, et pour 200 $, un jeune est très bien équipé », souligne Mme Caux.

Initiation dans les écoles

Présentement à Québec, l’Association de ballon sur glace Québec nord-sud travaille en collaboration avec des écoles primaires de Limoilou, puis avec l’école Saint-Louis-de-France à Sainte-Foy pour faire connaître le sport par le biais des cours d’éducation physique. 

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Photo courtoisie, Association de ballon sur glace Québec nord-sud

L’initiation se fait habituellement en gymnase, puis les parties et tournois se disputent sur une patinoire extérieure et parfois sur la neige bien tapée de la cour d’école. Certains joueurs qui se démarquent sont même recrutés pour créer des équipes mineures, explique Guylain Guérin, de l’association.

Chez les adultes, les ligues masculines de Bardy et Wendake comptent en tout 80 joueurs âgés de 20 à 67 ans, dont une dizaine de femmes. Les plus jeunes, inspirés par d’autres sports comme le hockey et le soccer, « arrivent avec une nouvelle façon de frapper le ballon, de déjouer, de manier le balai », remarque Mario Bernard, membre de l’exécutif de ces ligues, donnant ainsi un nouveau souffle au sport.

Où jouer ?

Pour joindre une équipe, composer la vôtre, proposer ce sport à votre école, l’ajouter au programme des loisirs de votre communauté ou pour en savoir davantage sur le ballon sur glace : ballonbalai.net ou ballonsurglace.com.