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Blocus des trains: il faut rebâtir la confiance, estime Michèle Audette

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Le gouvernement doit privilégier le dialogue et tâcher d'établir des ponts avec les Premières Nations pour dénouer l'impasse des blocus qui paralyse le réseau ferroviaire canadien, estime l'ancienne commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, Michèle Audette.  

Samedi soir, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a admis n'avoir réalisé que des «progrès modestes» à la suite d'une rencontre avec des membres de la communauté mohawk Tyendinaga qui s'est échelonnée sur plusieurs heures.  

«Ce dialogue-là doit se faire. Comme le dit monsieur le ministre, il va être difficile, il va être lourd, mais il doit se faire en toute honnêteté pour faire en sorte qu'on n'ait plus de crises», a commenté, dimanche matin, Mme Audette, en entrevue à LCN.  

ÉCOUTEZ l'entrevue de Michèle Audette, sur QUB radio:

La spécialiste en matière de réconciliation avec les Premières Nations juge, malgré tout, qu'il faut miser sur le dialogue pour avancer. «Les gens qui sont dans ces blocus-là, ce sont plusieurs personnes qui sont de différentes nations. [...] La méfiance qui s'est bâtie depuis les 500 dernières années ne peut pas disparaître juste comme ça», a-t-elle averti en claquant des doigts.  

Depuis une semaine et demie, des blocus ferroviaires et des manifestations ont éclaté un peu partout au pays en guise de solidarité avec les chefs héréditaires de la Première Nation de Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, opposés au projet gazier Coastal GasLink.  

Les chefs héréditaires de cette communauté s'opposent au projet de gazoduc pourtant approuvé par le conseil de bande de Wet’suwet’en. «On a, pendant trop longtemps, pensé que la question autochtone est un enjeu monolithique. [...] On a une diversité sociopolitique, géographique et historique qui fait que, parfois, entre nous aussi, on peut se dire "tu peux penser ça, mais pas moi"», a rappelé Michèle Audette pour expliquer ces deux positions, tout en soulignant qu'autant les chefs héréditaires que le conseil de bande peuvent s'exprimer au nom de la communauté.