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La crédibilité de Guilbeault est en jeu

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Photo courtoisie, Greenpeace Canada Des environnementalistes ont occupé le bureau de Steven Guilbeault, vendredi, pour exprimer leur opposition au projet Teck Frontier.

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Les premiers pas sur la scène fédérale de Steven Guilbeault ont pris des allures d’un long chemin de croix.  

Son bureau envahi par de jeunes écologistes vendredi, jugement sur le pipeline Trans Mountain, décision à venir sur la mine Teck Frontier, pas une semaine ne passe sans qu’il soit interpellé sur la question des changements climatiques.   

À tout coup, en bon soldat, il se réfugie derrière la solidarité ministérielle. « C’est à mon collègue de l’environnement Jonathan Wilkinson de commenter. »   

Que voulez-vous, Steven Guilbeault est ministre du Patrimoine.  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Quelle influence environnementale ?  

L’environnementaliste préféré des Québécois demeure prisonnier de son passé militant. Voulant éviter d’envenimer les relations avec l’Alberta, on comprend Justin Trudeau de lui avoir refusé son ministère de prédilection.  

Ce qui soulève la question : Steven Guilbeault a-t-il été instrumentalisé par le Parti libéral pour redorer son blason environnemental ?  

En coulisses, on maintient qu’il a une réelle influence. Il siège au comité du Cabinet sur l’économie et l’environnement, quand il parle, on l’écoute, le ministre de l’Environnement n’hésiterait pas à solliciter ses conseils et son appui.   

Tant mieux si c’est vrai.   

Or le vrai test arrive à grands pas. Le gouvernement doit trancher, d’ici la fin du mois, sur le sort de l’immense projet de sables bitumineux de Teck Frontier en Alberta.   

Je ne referai pas le débat sur le pour et le contre du projet. Disons seulement qu’il est clair que Steven Guilbeault y joue sa crédibilité. S’il lui a été possible de négocier son opposition au pipeline Trans Mountain, comme ministre, il doit maintenant être solidaire des décisions de son gouvernement.   

Et dans ce cas-ci, il ne pourra se cacher derrière son rôle au Patrimoine pour éviter de commenter la décision d’Ottawa. Un silence de sa part dirait tout et ébranlerait à jamais sa réputation de champion de la cause climatique. Ce serait son Waterloo.  

Le test ultime au printemps  

Survivre à Teck Frontier ne suffit pas. Pour se libérer de son passé et camper sa crédibilité comme ministre fédéral, Steven Guilbeault devra livrer la marchandise sur la réforme des télécommunications et de la radiodiffusion au pays.  

Refonte du CRTC, réglementation des géants du web, le chantier est aussi urgent que monumental. L’exercice est aussi périlleux que fondamental pour l’économie du pays et le fragile écosystème de sa production télévisuelle.   

Politiquement, il s’agit d’un champ de mines. Parlez-en à Mélanie Joly. Or, s’il réussit, ce sera Austerlitz ! Steven Guilbeault sera enfin libéré !