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Beterbiev aura sa chance le 28 mars

Il affrontera Meng Fanlong pour le championnat unifié IBF et WBC des mi-lourds

Quebec
Photo Stevens Leblanc Oscar Rivas, le champion Artur Beterbiev et Mikael Zewski seront en action le 28 mars au Centre Vidéotron.

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Le championnat unifié pour les ceintures des mi-lourds IBF et WBC entre le champion Artur Beterbiev et l’aspirant obligatoire Meng Fanlong qui se déroulera le 28 mars au Centre Vidéotron sera une première au pays pour un boxeur ayant comme port d’attache le Canada.

« J’attends depuis 29 ans l’occasion de participer à un championnat unifié, a raconté l’entraîneur de Beterbiev, Marc Ramsay. Ça ne passe pas souvent, une telle opportunité. Il n’y a jamais eu de Canadien champion unifié. »

Russe, Beterbiev possède la résidence canadienne, contrairement à ses enfants qui sont nés à Montréal, mais a fait tout son parcours professionnel dans la métropole. Le 4 avril 2009 au Centre Bell, les Américains Timothy Bradley Jr et Kendall Holt avaient disputé un combat d’unification pour les titres de la WBO et de la WBC.

Seul champion du monde à avoir conclu tous ses combats par K.-O. (15-0), Beterbiev désire contrôler toute la division des mi-lourds. « C’est un secret, ne le dites pas, a-t-il mentionné avec un large sourire. Je suis content d’être de retour à Québec. C’est un combat à la maison, et je me sens chez moi. Les amateurs m’ont toujours appuyé. J’ai de bons souvenirs de mes trois combats à Québec et je veux offrir un bon spectacle. »

« Je ne peux pas comparer Fanlong à mes derniers adversaires parce que j’ai oublié ces combats, d’ajouter Beterbiev. J’ouvre un nouveau chapitre et je n’ai pas de boule de cristal. Je veux simplement travailler et j’ai confiance de gagner. »

Un grand défi

Ramsay se méfie de Fanlong, qui présente un dossier de 16 gains, dont 10 K.-O., et aucune défaite. « Il ressemble à Lucian Bute à ses belles années, a-t-il affirmé. Il est très bon techniquement, très rapide, possède une force de frappe supérieure à la moyenne et fait très bien en contre-

attaque. C’est un boxeur assez complet qui a peu de failles. Il faudra imposer nos forces et lui rentrer dans la gorge. »

« Fanlong n’est pas très connu des amateurs, mais je le connais depuis sa médaille de bronze aux championnats asiatiques et sa participation aux Jeux olympiques, de poursuivre Ramsay. Notre dernier combat fut émotif contre Gvozdyk [Oleksandr], et il ne faudra pas tomber dans le piège de prendre Fanlong à la légère en se laissant intoxiquer par ce qui se dit autour. Je suis confiant que Artur va gagner, mais il s’agit d’un grand défi. »

Shaun George abonde dans le même sens. « Personne ne porte attention à ce que mon boxeur fait, et je n’ai pas de problème avec ça », a souligné l’entraîneur de Fanlong par le biais d’une liaison vidéo depuis Bloomfield au New Jersey. « Depuis cinq ans, il se prépare pour un combat de championnat du monde. Il s’est battu en Chine, aux États-Unis, et il a affronté les meilleurs. Il est prêt. Ça va être une bataille entre un boxeur et un bagarreur [lire Beterbiev]. »

Éloges

Fanlong a été élogieux à l’égard de son adversaire. « C’est le meilleur boxeur de la division, a-t-il déclaré par le biais d’un interprète. Je suis extrêmement fier de partager le ring avec lui. »

Le poids lourd Oscar Rivas (26-1, dont 18 K.-O.) et le mi-moyen Mikael Zewski (34-1, dont 23 K.-O.) seront également en action le 28 mars. Ancien protégé de Top Rank, qui est le promoteur de la soirée en compagnie de GYM, le pugiliste trifluvien veut profiter de cette vitrine. Le gala sera diffusé sur les ondes de ESPN. « C’est une opportunité de me refaire découvrir aux États-Unis. Je veux montrer à Top Rank qu’ils sont passés à côté de quelque chose au cours des deux, trois dernières années. »

Un enjeu de taille pour la ville de Québec 

Yvon Michel souhaite que le choc entre Artur Beterbiev et Meng Fanlong permette à Québec de s’établir comme une destination recherchée par les promoteurs.

« On veut démontrer que Québec est une ville incontournable pour la boxe internationale, a déclaré le grand manitou de GYM, Yvon Michel. C’était un défi important d’amener ce gala à Québec et je remercie Top Rank et Gestev pour la confiance. On veut maintenant leur prouver qu’il s’agissait d’une bonne décision. Les succès de cette carte vont déterminer l’avenir de la boxe à Québec. »

Dans le passé, Jean Pascal et Bernard Hopkins ont rempli le Colisée. Ils avaient même battu un record en écoulant 10 000 billets en seulement deux heures. Un total de 16 500 spectateurs avaient assisté au combat. Les duels entre Lucian Bute et Librado Andrade, d’une part (28-11-09), et Bute face à Glen Johnson (05-11-11), d’autre part, avaient aussi permis de franchir le cap des 16 000 amateurs.

Une belle histoire

« C’est loin de ce que nous avons déjà atteint, mais on serait satisfait d’une foule entre 7000 et 8000 spectateurs, a déclaré Michel. Ça lancerait bien les choses. Si ça ne marche pas, nos boxeurs ne pourront pas se produire ici quand ils atteindront les sommets. On ne veut pas se battre tout le temps à l’étranger. »

« Il y a quelques années, on a eu tellement de succès que ce n’était plus spécial de présenter un combat de championnat du monde, de poursuivre Michel. Les gens ont aussi moins embarqué avec la personnalité de certains boxeurs. Dans le cas de Artur, c’est vraiment une belle histoire. C’est un père de famille qui a décidé de fonder une famille au Québec. Il possède une belle personnalité et un sens de l’humour aiguisé. Artur aurait pu choisir de se battre n’importe où, mais il voulait se battre à Québec, où il en sera à son 4e combat. Il se souvient de ses combats à Québec à ses débuts. »

La dernière visite de Beterbiev dans la Vieille Capitale remonte au 4 avril 2015, alors qu’il avait disposé de Gabriel Campillo en demi-finale du combat principal opposant Adonis Stevenson à Sakio Bika. Son premier combat remonte au 30 novembre 2013 face à Billy Bailey, en sous-carte du duel entre Stevenson et Tony Bellew.