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Cirque du Soleil: Guy Laliberté passe à la Caisse

Le Cirque du Soleil connaît actuellement des difficultés en Chine et à Las Vegas

Conférence de Presse Guy Laliberté
Photo d’archives, Ben Pelosse En avril 2015, Guy Laliberté a cédé 90 % du Cirque du Soleil. Ci-haut, le président et PDG du Cirque, Daniel Lamarre ; David Trujillo, Associé chez TPG Capital, responsable pour le Cirque du Soleil ; M. Laliberté ; James Coulter, cofondateur de TPG, et Mitch Garber.

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Guy Laliberté a vendu hier sa participation restante de 10 % dans le Cirque du Soleil à la Caisse de dépôt et placement, ce qui lui permettra d’empocher au moins 100 millions $.

« Je suis heureux de céder ma participation dans le Cirque, que j’ai fondé il y a 35 ans, à des intérêts québécois », a commenté hier le milliardaire québécois dans un communiqué.

L’ancien saltimbanque, aujourd’hui âgé de 60 ans, continuera toutefois de jouer un rôle dans le « processus créatif » du Cirque. Il y conservera également des « intérêts économiques », possiblement sous la forme de droits liés à des actions et de droits de propriété intellectuelle.

Se concentrer sur Lune Rouge

Guy Laliberté souhaite désormais « concentrer ses énergies et ses efforts sur Lune Rouge », son holding personnel actif dans les secteurs du divertissement, de l’art, des technologies et de l’immobilier.

« Il va continuer à investir au Québec », a déclaré au Journal Anne Dongois, porte-parole de Lune Rouge.

La valeur de la transaction n’a pas été divulguée et il est difficile de l’établir. 

Montant inconnu

Au printemps 2015, M. Laliberté a vendu 90 % du Cirque pour 1,52 milliard $ US, soit 1,85 G$ CA. Sa participation restante de 10 % valait alors 206 M$ CA. On ne sait pas si le Cirque a gagné ou perdu de la valeur depuis 2015.

L’acquisition par la Caisse des dernières actions détenues par Guy Laliberté semble écarter, du moins pour l’instant, une entrée du Cirque en Bourse, une possibilité que l’entreprise a envisagée au cours des derniers mois.

La décision de la Caisse de réinvestir survient alors que l’entreprise a connu une année 2019 difficile. 

« Le Cirque a dû modifier ses plans de tournée pour la Chine, ce qui s’est traduit par le déplacement de certains de ses spectacles dans des marchés moins intéressants et a nui aux résultats financiers des deuxième et troisième trimestres de 2019 », a récemment écrit l’agence de notation de crédit Moody’s dans une note.

La Chine et le Canada ont des relations tendues en raison de l’arrestation, en 2018, de la numéro deux du géant technologique Huawei, Meng Wanzhou. Puis le mois dernier, le Cirque a dû annuler toutes les représentations de son spectacle à Hangzhou en raison du coronavirus.

De plus, « le spectacle Michael Jackson ONE a connu une faible performance pendant l’année 2019 », a indiqué Moody’s. Le documentaire Leaving Neverland, sorti l’hiver dernier, a ramené au premier plan les allégations d’agressions sexuelles d’enfants visant le chanteur mort en 2009.

Compressions de 10 M$ US

Le Cirque a réagi en mettant en place des mesures afin de générer des économies de 10 M$ US, a précisé Moody’s. Selon l’agence, l’entreprise a mis en place un modèle de fonctionnement « plus flexible » pour ses techniciens de Las Vegas, renégocié certains contrats avec des fournisseurs et apporté des changements à ses pratiques de marketing.

Au cours de la période de 12 mois ayant pris fin le 30 septembre 2019, le Cirque a eu des revenus de 944 M$ US, en hausse de 11 % par rapport à l’année calendaire 2018.

La marge d’exploitation a toutefois reculé, passant de 17,5 % à 15,1 %.

La semaine dernière, l’entreprise a confirmé le départ prochain de son no 2, Jonathan Tétrault, qui occupait le poste de président et chef de l’exploitation depuis quatre ans.

Le Cirque en quelques chiffres

Revenus annuels en 2018-19: 1,25 G$

Bénéfice d’exploitation en 2018-19: 189 M$

Dette en 2019: 1,32 G$

Employés: 4900, dont 1500 à Montréal

Valeur en 2015: 2 G$

Actionnaires: TPG (55 %), Fosun (25 %), Caisse de dépôt (20 %)

Note: chiffres en dollars canadiens

Sources: Moody’s, Cirque du Soleil