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Faire fumer son enfant

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En cette journée canadienne de la famille, j’ai une question pour vous, chers parents : donneriez-vous une cigarette à votre enfant pour qu’il vous laisse tranquille au restaurant ? Et si, à l’école, on l’obligeait à consommer du tabac, comment réagiriez-vous ?

La semaine passée, des dizaines d’experts se sont réunis à Québec pour échanger avec le gouvernement sur les effets néfastes des écrans chez les jeunes. Le constat : les écrans représentent un problème de santé publique inquiétant. 

L’utilisation abusive des écrans aurait un lien direct avec le taux de myopie au Québec, qui a doublé en seulement deux décennies. La surexposition aux écrans compromettrait également les habiletés langagières des jeunes enfants, en plus d’augmenter la dépression et l’anxiété juvéniles.

À quand les patchs anti-technologie ?

Les écrans se répandent aussi vite que la fumée secondaire. À l’école, les enfants utilisent de plus en plus la tablette numérique, parfois même jusque dans le cours d’éducation physique. Même chose à la maison : l’omniprésence des écrans affecte les adultes tout comme les enfants.

Les experts utilisent le concept « technoférence » pour décrire le fait que la technologie peut avoir un impact négatif sur nos relations ou même sur notre sommeil. Une étude australienne récente révèle que 24 % des femmes et 15 % des hommes sont des utilisateurs problématiques de téléphones portables.

Comment est-il possible de sevrer les enfants des écrans quand leurs parents en sont, eux aussi, dépendants ? 

Les parents sont-ils complices de la détérioration de la santé de leur enfant lorsqu’ils les encouragent à consommer cette drogue technologique ?

Les experts ont d’ailleurs comparé cette dépendance au tabagisme.

Le gouvernement a le devoir d’informer la population et de lui fournir des outils pour réguler son temps d’écran. Les adultes, tout comme les enfants, ont besoin d’accompagnement avec cette problématique nouvelle.

Écrasons la cigarette de la technologie avant qu’elle ne nous consume par les deux bouts. Je réduis, j’y gagne !