/finance/business
Navigation

Bombardier: «il ne faut pas répéter l’erreur de RONA»

Coup d'oeil sur cet article

La vente de la division ferroviaire de Bombardier à la multinationale française Alstom rassure les employés, même si les avis sont mitigés quant à la pérennité des usines de Saint-Bruno et de La Pocatière.   

• À lire aussi: Alstom confirme son intérêt pour Bombardier 

• À lire aussi: La vente de feu de Bombardier se poursuit  

«Ça rassure les gens à court-moyen terme, l’épée de Damoclès qu’ils avaient au-dessus de la tête vient de tomber. Ça laisse entrevoir une certaine stabilité», se réjouit Louis Bégin, président du Syndicat de la Fédération de l’industrie manufacturière.    

Ce dernier, qui représente l’usine Bombardier de La Pocatière et celle d’Alstom à Sorel-Tracy, garde tout de même quelques réserves.    

«À long terme, il va falloir s’asseoir avec Alstom, car il ne faut pas répéter l’erreur de RONA ou Sico, qui se désintègrent peu à peu», ajoute-t-il.    

«Il y a des commandes pour encore quelque temps à notre usine, une bonne expertise et des ouvriers formés. Alors, je pense que ça ne peut qu’être bon», assure, pour sa part, le maire de La Pocatière, Sylvain Hudon.    

Il souhaite que la participation d’Alstom permette l’acquisition de contrats aux États-Unis.    

  • Jacques Létourneau, président de la CSN, était aux Effrontées sur QUB radio:

De bons contrats en vue  

De son côté, le directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques, Michel Nadeau, se veut, lui aussi, optimiste concernant l’avenir des travailleurs québécois de Bombardier.     

Il croit notamment que le désir d’Alstom de percer le marché ferroviaire nord-américain permettra aux manufactures de la province d’assurer de bons contrats.    

«L’avenir, pour eux [Alstom], c’est surtout l’Amérique du Nord. Comme c’est un marché qui est très peu mature, il se pourrait que La Pocatière devienne le centre de production de la compagnie en Amérique du Nord.»    

Cependant, pour Leandro Coelho, professeur du département d’administration de l’Université Laval, l’avenir des ouvriers du secteur ferroviaire de Bombardier n’est pas rose, même avec l’investissement de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans la nouvelle compagnie.     

«Les usines de La Pocatière et de Saint-Bruno [qui comptent un peu plus de 1000 employés] pourraient servir à compléter la production des demandes locales pour Alstom. Toutefois, je ne vois pas comment elles pourraient avoir une grande importance pour la nouvelle compagnie, qui est déjà bien établie ailleurs.»    

«L’économie locale sera certainement secouée. Si j’étais un employé d’une de ces usines, je préparerais mon C.V.», conclut-il.