/news/politics
Navigation

Trudeau négocie, mais la crise s’aggrave

La pression s’accentue sur le fédéral pour le retour du transport ferroviaire

Coup d'oeil sur cet article

Pressé de toutes parts d’en finir avec la crise des trains, le premier ministre Justin Trudeau a plaidé hier pour la voie de la négociation, sans toutefois pouvoir préciser quand il espère en arriver au dénouement tant souhaité par les milieux économiques. 

À Montréal, des manifestants ont interrompu la circulation près du campus de l’Université McGill, hier.
Photo Agence QMI, Maxime Deland
À Montréal, des manifestants ont interrompu la circulation près du campus de l’Université McGill, hier.

« Je comprends à quel point les gens sont préoccupés et même inquiets par rapport à cette situation », a déclaré le chef du gouvernement fédéral à l’issue d’une réunion d’urgence d’une heure trente à Ottawa, en présence de neuf ministres, sur laquelle peu de détails ont filtré. 

M. Trudeau, qui a dû annuler un voyage à la Barbade, dans le cadre de sa campagne pour doter le Canada d’un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, a indiqué avoir eu des échanges avec des premiers ministres provinciaux et des leaders autochtones. 

« Nous allons continuer de travailler d’arrache-pied [...] pour résoudre cette situation de façon paisible, mais aussi de façon rapide », a-t-il promis, alors que le barrage de voies ferrées se poursuivait pour un douzième jour, avec de nombreuses conséquences. 

Des trains bloqués vendredi par un groupe de Mohawks de Kahnawake.
Photo Agence QMI, ANDRÉ PAQUETTE
Des trains bloqués vendredi par un groupe de Mohawks de Kahnawake.

Manifestation 

Près de Belleville, en Ontario, un blocus particulièrement dévastateur pour le réseau de l’est du pays était encore en vigueur. 

En fin d’après-midi, au centre-ville de Montréal, des chaînes humaines réunissant plus d’une centaine de manifestants ont bloqué, pendant environ une heure, des intersections de la rue Sherbrooke Ouest, à la hauteur de l’Université McGill. 

Les manifestants à Montréal, dont plusieurs étudiants, ont dénoncé l’action de la police, qui a procédé à des arrestations au sein de la communauté Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, il y a plusieurs jours.
Photo Agence QMI, Maxime Deland
Les manifestants à Montréal, dont plusieurs étudiants, ont dénoncé l’action de la police, qui a procédé à des arrestations au sein de la communauté Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, il y a plusieurs jours.

Les participants ont affiché leur soutien aux chefs héréditaires de la Première Nation Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, qui s’opposent à un projet gazier sur leurs terres ancestrales, à l’origine du conflit. 

En Haute-Mauricie, la communauté attikamek de Wemotaci a bloqué, à son tour, une voie principale du Canadien National (CN) passant sur son territoire, en appui à la nation Wet’suwet’en, mais aussi pour protester contre un autre projet de gazoduc entre l’Ontario et le Saguenay. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Pendant ce temps, les opposants politiques de Trudeau et les provinces cachaient de moins en moins leur impatience. 

« Je pense que Justin Trudeau doit s’impliquer et il faut mettre des limites. Je comprends qu’il faut le faire en discutant avec les nations autochtones, mais actuellement, il commence à avoir des pénuries », a soulevé le premier ministre québécois, François Legault. 

Photo Agence QMI, Maxime Deland

« Décision forte » 

« C’est comme si, pendant une semaine, il n’y avait pas eu de pilote dans l’avion, puis on n’a pas de plan de match précis », s’est aussi indigné le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, à TVA Nouvelles. 

De passage à Lévis, le candidat à la direction du Parti conservateur Peter MacKay a même semblé soutenir l’intervention des policiers afin de mettre un terme aux blocus. « Je pense maintenant qu’on a besoin d’une décision forte. Dans mon opinion, j’appuie les policiers faits l’action pour améliorer les situations parce que c’est une crise pour beaucoup de personnes (sic) », a-t-il affirmé dans un français approximatif. 

— Avec l’Agence QMI