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Le nombre de places de stationnement payantes pourrait exploser dans Rosemont

Des discussions sont en cours pour l’ajout potentiel de 7000 places tarifées sur rue

Le nombre de places de stationnement payantes pourrait exploser dans Rosemont
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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Rosemont–La Petite-Patrie envisage de convertir près du quart de ses places de stationnement sur rue en espaces payants avec des parcomètres. Aucun autre arrondissement n’a fait pareille demande.   

C’est un gros mandat qu’a reçu, à la fin de l’an dernier, l’équipe de Stationnement de Montréal, rebaptisée l’Agence de mobilité durable. Il s’agit d’une demande «substantielle», confirme au téléphone Charles Auger, directeur général de la société paramunicipale. Celui-ci a rencontré le maire de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie, François W. Croteau, à la fin décembre.       

Sa requête «d’évaluer le potentiel de 7000 places» de stationnement qui pourraient devenir payantes est un geste ambitieux. D’autant plus qu’il n’y a actuellement que 1115 places tarifées dans l’arrondissement sur près de 30 000 espaces sur rue.            

Le maire Croteau semble vouloir minimiser l’ampleur du projet. Il m’a expliqué que son arrondissement n’a soumis qu’une «liste» des secteurs où un déploiement de parcomètres pourrait avoir lieu.       

J’ai sondé les huit autres arrondissements les plus centraux de la métropole, tels que Ville-Marie et le Sud-Ouest. Aucun n’a soumis de pareille liste.          

Justifier ces places   

« Est-ce que [ça se concrétisera] dans 3 ans ou 10 ans ? Est-ce que c’est pertinent ou non ? L’agence doit étudier ça », indique François W. Croteau. Le maire fait valoir que, tout d’abord, des agents techniques devront s’assurer que les rues identifiées sont suffisamment engorgées pour justifier l’installation de places payantes.             

Les secteurs visés sont les principaux pôles d’activité de l’arrondissement, comme l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Espace affaires Rosemont (quadrilatère près de l’intersection Rosemont et De Lorimier) ou le quartier « Mile-Ex », vu comme un prolongement du quartier Mile-End.            

«Je ne suis pas la personne qui peut juger s’il faut le faire ou non. Ça, c’est l’agence qui va décider», me répète François W. Croteau. Des sources me confirment plutôt qu’historiquement, lorsqu’un arrondissement fait une demande de nouvelles places tarifées à Stationnement de Montréal, on fait en sorte de la concrétiser dans la mesure du possible.       

Est-ce que la nouvelle agence mise sur pied par l’administration Plante prendra dorénavant les décisions ? «Non, pas du tout, c’est un travail d’équipe [avec les arrondissements]», répond Charles Auger de l’Agence de mobilité.              

Pourtant, le maire Croteau insiste : «C’est pas moi qui décide de ça. Je n’en tire pas de profit». En effet, tous les revenus des parcomètres vont dans les coffres de la Ville centre, et les arrondissements n’empochent que l’argent provenant des vignettes.            

Pas comme Outremont... mais  

Autre point que François W. Croteau tient à clarifier : il ne compte pas emboîter le pas à Outremont et rendre 100 % des places de stationnement payantes sur son territoire.            

Dans tous les cas, l'urbaniste Christian Savard estime que «cette nouvelle va provoquer une levée de boucliers, les gens vont dire que c’est injuste». Mais, selon le DG de Vivre en Ville, ce qui est réellement injuste, c’est qu’autant d’espace public soit occupé gratuitement, alors que l’entretien annuel d’une seule place de stationnement est de plus de 1000 $.          

Tarifer le stationnement a deux grands avantages, selon Jean-Philippe Meloche de l’Université de Montréal : s’assurer que les places sont disponibles pour ceux qui en ont vraiment besoin, et encourager un maximum de gens à prendre le transport en commun. 

Ces raisons ont possiblement motivé l'équipe du maire Croteau à dresser une liste aussi substantielle. Reste à voir si le projet va se concrétiser et quand.          

- Avec Jean Balthazard   

Des chiffres               

18 000  

On compte actuellement un total de 18 311 places de stationnement tarifées sur rue sur l’ensemble du territoire de Montréal.               

28%  

Si les 7000 nouvelles places tarifées par parcomètre voyaient le jour dans Rosemont–La Petite-Patrie, l’arrondissement détiendrait à lui seul plus du quart des espaces de stationnement payants à Montréal.               

  

Les nouvelles bornes... un fiasco?              

En octobre dernier, Stationnement de Montréal, rebaptisé l'Agence de mobilité durable, a entamé la modernisation des 1250 bornes de stationnement. Petit hic, les nouvelles machines, tout comme celles qui ne seront que restaurées, multiplient les problèmes: infiltration d’eau, impossibilité de faire une mise à jour du logiciel ou d’utiliser les lecteurs de carte, etc. Le directeur général de l’Agence, Charles Auger, indique que ce sont des «pépins normaux» qui n’auront comme effet que de repousser le déploiement à la fin mars, alors que tout devait être complété début janvier. Il affirme qu’aucun argent des contribuables n’est perdu dans cette mésaventure. De son côté, l’entreprise qui a décroché ce contrat de 15 millions $, J.J. Mackay, a refusé de commenter.         

- Avec Jean Balthazard  


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