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Mission réduction de la dette pour Bombardier

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Écraser par le poids de sa dette, Bombardier devait jongler avec ses options afin de remettre l’entreprise sur la bonne voie et, surtout, se libérer de son fardeau financier.

À son arrivée à la tête de l'entreprise en 2015, Alain Bellemare a hérité d’une période qu'il a qualifiée de «très très difficile», ce qui a nécessité la mise sur pied d’un plan de redressement.

Cinq ans plus tard, c’est l’aboutissement de ce plan «assez complexe» qui se concrétise avec la vente de Bombardier Transports.

La réduction de la dette, qui totalise près de 12 milliards $ CAN, est la dernière étape de ce processus, selon M. Bellemare.

«L’annonce d’Alstom d’aujourd’hui [lundi] nous permet de réduire notre charge de dette qui est vraiment importante à Bombardier et de nous concentrer sur les avions d’affaires, qui est une division où on est un leader mondial», a expliqué le président et chef de la direction de Bombardier en entrevue à TVA Nouvelles.

La division des avions d’affaires représente 18 000 emplois au sein de l’entreprise, dont 10 000 au Québec. Elle génère aussi 10 milliards $ en revenus, a précisé M. Bellemare.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, Alain Bellemare disait qu’il serait capable de relancer Bombardier notamment grâce aux investissements de la part du gouvernement du Québec et l’implication d’Ottawa.

Selon le président, la dette a gonflé d’abord en raison des coûts de développement liés à la CSeries (A220). L’entreprise y a investi pas moins de 7 milliards $.

Par ailleurs, le vieillissement des avions commerciaux, comme le Q400, causait des pertes importantes.

Il y a aussi eu des investissements massifs dans les avions d’affaires comme le Global 1500, entre autres.

«L’ensemble de ça a fait en sorte que ç'a augmenté le fardeau fiscal et on arrivait à la fin de notre plan de redressement où on devait aborder cette dette-là», a-t-il affirmé.

Après avoir liquidé Bombardier Transports et la CSeries (A220), la dette nette de Bombardier sera à 2,5 milliards $ US, sur une base proformat, estime Alain Bellemare.

«On a une dette à porter, mais beaucoup plus basse, par un facteur de trois et on a une "business" qui est très profitable. La "business" des avions d’affaires, c’est une "business" qui génère des profits», a souligné le président.

M. Bellemare a profité de l'occasion pour défendre, à nouveau, la décision de céder la CSeries à l'avionneur Airbus. Bombardier s'est totalement retiré du projet en cédant ses parts la semaine dernière.

«On a protégé, grâce à l’arrivée de Airbus, 3300 emplois. Donc, c’est beaucoup d’emplois. C’est un créateur de richesse pour le Québec et le Canada», a-t-il dit.

De plus, l’entente initiale avec Airbus permet de garder le siège social de la Série A220 au Québec pendant au moins 25 ans, garantissant du même coup beaucoup d’emplois payants pour cette période, a assuré M. Bellemare.

Toutefois, le fardeau financier qu’imposait le secteur de l’aéronautique était trop étouffant pour Bombardier, a-t-il reconnu.

M. Bellemare a expliqué de deux façons le choix de se départir de ses trains

D’abord, parce qu’il y avait beaucoup de consolidation dans l’industrie depuis 2015, entre autres en raison du nombre de nouveaux joueurs.

«C’est important de consolider les entreprises pour avoir une masse critique pour être capable de compétitionner à l’échelle mondiale, a indiqué le président. On a essayé de le faire, mais on n’a pas été capable parce qu’on n’avait pas la capacité financière d’être le consolidateur.»

Il y avait aussi l’opportunité de réduire la charge de la dette, ce qui permettra de remettre Bombardier sur la bonne voie.

Quoi qu’il en soit, Alain Bellemare dit être fier du travail qui a été fait ces dernières années, notamment parce que l’entreprise est parvenue à protéger les emplois.

À savoir s’il est toujours l’homme de la situation pour diriger Bombardier, M. Bellemare a affirmé qu'il laissera le conseil d’administration en juger.