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Quand le beau-père devient le mentor

Jan-Philippe Coderre, le fondateur de Plancher 2000, travaillait au départ dans un tout autre domaine

Jan-philippe coderre
Photo courtoisie Jan-Philippe Coderrre dans son magasin de Laval.

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Jan-Philippe Coderre est une bibitte rare dans l’univers des PME du commerce de détail. Pas de longues traditions familiales dans son cas, pas de générations d’entrepreneurs derrière lui pour lui tracer le chemin.   

À partir de rien, d’un esprit fonceur et d’une bonne dose de naïveté, il s’est forgé une place de choix dans l’industrie du plancher et de la décoration intérieure au Québec.    

« Je ne pensais jamais faire ma vie dans le plancher. Et quand j’y repense aujourd’hui ça aurait pu aussi bien être un échec. J’avais 19 ans et je ne savais même pas faire un bilan. Mais j’étais motivé et je n’avais pas grand-chose à perdre. J’ai foncé les deux yeux fermés... et ça a marché ! », dit le président fondateur de Plancher 2000, dont les deux succursales, à Longueuil et à Laval, ont doublé de superficie récemment et ne cessent de prospérer.   

« Quand j’étais étudiant en marketing, j’étais vendeur aux Ailes de la mode. Je me suis fait une blonde et sa famille était dans le plancher de bois franc brut. Le week-end, je posais des planchers et travaillais comme vendeur pour eux, et c’est là que j’ai cliqué. Quand ils ont décidé de fermer le magasin, j’ai dit “je le veux”. J’ai vu l’opportunité de démarrer mon entreprise, sans savoir si c’était payant ou pas », dit l’homme de 40 ans.   

Les attentats du 11 septembre  

Après avoir cherché du love money sans succès, Jan-Philippe Coderre a reçu l’aide de son beau-père, celui qui lui a appris les bases du métier. Ce dernier a accepté de l’endosser pour permettre à Jan-Philippe de trouver du financement.   

« Au tournant des années 2000, je voyais qu’il y avait une demande croissante pour le cocooning (c’était au lendemain des attentats du 11 septembre à New York). Les gens aimaient moins voyager et voulaient investir dans leur chez-soi et dans des cinémas maison. J’en ai profité pour leur montrer que ça pouvait être beau, le chez-soi. »     

De fil en aiguille, l’entreprise s’est développée.    

« On a commencé à rentrer de la céramique, de la pierre décorative, des comptoirs, etc. Aujourd’hui des designers ont des espaces de travail à eux dans nos boutiques et ils peuvent emmener les clients chez nous », dit-il.   

Bon vendeur et bon samaritain  

Plancher 2000 veut se démarquer avec son service à la clientèle et sa plus-value en design.    

« Un client qui vient pour dépenser juste 200 $, il peut passer la journée chez nous et boire du vin, moi ça ne me dérange pas, c’est un client quand même, et il est important », dit l’entrepreneur, père de trois jeunes enfants.   

Formé en marketing, Jan-Philippe Coderre aime aussi forger des partenariats avec des émissions de télé et des vedettes, dont le champion de boxe Jean Pascal, qui a récemment confié la réalisation de son gym privé à Plancher 2000.   

Beaucoup de jeunes veulent devenir entrepreneurs, mais souvent, ils perdent leur motivation devant les défis.    

Faire confiance aux jeunes  

C’est pourquoi Jan-Philippe Coderre n’hésite jamais à embaucher des étudiants pour des stages en magasin.    

Plancher 2000 se fait aussi un devoir d’appuyer toute sorte de causes, notamment en fournissant du matériel à certains projets comme la maison des alcooliques à Terrebonne, ou en commanditant un jeune champion de motocross de la région...    

« Moi ça m’a pris un bon samaritain comme le beau-père pour me lancer. Et maintenant j’aime encourager des jeunes et leur dire de ne pas abandonner », dit-il.   

PLANCHER 2000  

  • Nombre de magasins : 2 (à Longueuil et Laval)   
  • Nombre d’employés : 40   
  • Depuis 20 ans, Plancher 2000 a vendu plus de 10 millions de pieds carrés de plancher.