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Crise ferroviaire: Des entreprises sortent de leur mutisme et dénoncent les « impacts dévastateurs »

GEN - BENOIT LAFORTUNE DES AMBULANCES DEMERS
Photo Martin Alarie Le vice-président exécutif du manufacturier Ambulances Demers, Benoit Lafortune, ici photographié dans l’usine de fabrication à Belœil près de Montréal, craint que si le blocus persiste, la cadence de production puisse être réduite.

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Après plus de 10 jours de paralysie, les dirigeants d’importantes entreprises du pays sortent de leur mutisme pour réclamer du gouvernement Trudeau la fin rapide du blocus ferroviaire. 

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Les présidents d’Aliments Maple Leaf, d’ArcelorMittal et de J.D. Irving, entre autres, ont demandé à Ottawa mardi d’intervenir pour faire lever « immédiatement » les barricades et rétablir au plus vite le trafic ferroviaire au pays.  

Cette crise majeure, préviennent-ils, a « des impacts dévastateurs sur les entreprises », qui pourraient se traduire par des fermetures ou des ralentissements susceptibles d’entraîner des coupes importantes de personnel.   

Des emplois à risque 

Ambulances Demers, de Belœil, fait partie de ces entreprises qui n’hésitent plus à aborder ce risque de front. « Nul n’aime y penser. Mais les risques de mises à pied sont réels », affirme Benoit Lafortune, vice-président exécutif de cet important manufacturier. 

« Par chance, nous n’en sommes pas encore là. Mais si le blocus devait perdurer encore plusieurs jours, nous n’aurions pas le choix. Une réduction de cadence de production, voire la fermeture complète d’une de nos usines devrait être envisagée. »  

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Ambulances Demers compte quelque 500 employés au Canada, dont la moitié au Québec. Or, comme les châssis de ses véhicules lui proviennent des usines de Ford, GM, Mercedes et autres usines de camions en Ontario et aux États-Unis, le blocus a eu des effets directs sur ses activités.  

Sans cette pièce maîtresse, il lui est impossible de produire une ambulance. Or, comme son carnet de commandes l’oblige à en livrer entre 15 et 17 par semaine, son patron s’inquiète de devoir en venir à cesser la production. 

« Des milliards de dollars » 

Et elle n’est probablement pas la seule dans cette situation, devine Jacques Roy, spécialiste en gestion des transports et logistique à HEC Montréal. Les conséquences économiques d’un tel chaos sont difficiles à quantifier, dit-il. 

« On parle probablement de milliards de dollars. Mais au-delà des ruptures de stocks prévisibles, ce sont les mises à pied temporaires qui risquent de faire le plus mal à la population. » 

Déjà, 450 employés du Canadien National (CN), au Québec (Montréal et Charny) et dans les Maritimes, ont été mis à pied depuis mardi. Leur nombre pourrait atteindre le millier de travailleurs, a prévenu la direction. 

Les 150 emplois de l’usine de chlore Olin, de Bécancour, fermée depuis lundi faute de services ferroviaires, sont également menacés. 

Incapable de recevoir ou de livrer quelque produit que ce soit par le rail, Produits forestiers Résolu (4400 emplois au Québec) nous a également confié craindre de devoir faire face à des décisions similaires. « Si rien ne change, tôt ou tard, un arrêt ou un ralentissement de production va s’imposer », a avoué son porte-parole, Karl Blackburn. 


Le secteur manufacturier canadien est responsable de :  

  • 50 % du volume total des chargements des trains 
  • 4600 wagons par jour 
  • 1 620 000 wagons par année 
  • 425 M$ Valeur totale des produits manufacturés canadiens transportés par rail chaque jour