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Deux villes, une équipe, un columnist

POINT-DE-PRESSE-DU-50E-DES-EXPOS-DANS-LA-MLB
Photo d’archives Stephen Bronfman et Stuart Sternberg doivent arriver à une entente de principe, d’ici quelques mois, sur le nombre de centaines de millions à verser pour un pourcentage de l’équipe.

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Si Stephen Bronfman avait des doutes sur l’intérêt des Québécois pour son projet de ramener le baseball majeur à Montréal, il peut être rassuré.   

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Son entrevue au Journal a fait le tour de l’Amérique. Ses propos ont soulevé les passions tant en Floride qu’à Montréal et au Canada.   

À Tampa, Stuart Sternberg a été choqué par la manchette des sports qui résumait quatre pages par « actionnaires avant l’été ». Une traduction Google peut faire sursauter. Mais quand il a reçu la traduction des textes du Journal dans la journée, il s’est calmé. Et dimanche, le commissaire Rob Manfred a pratiquement donné sa bénédiction à tout ce qu’avait expliqué Stephen Bronfman dans Le Journal.  

  

Stuart Sternberg
Photo d'archives
Stuart Sternberg

J’ai rencontré M. Bronfman, mercredi dernier, dans ses bureaux à Montréal. Quand j’ai écrit mes textes jeudi, j’ignorais que ce même jour, mon collègue Jeremy Filosa rencontrait William Jegher et Brian Auld dans les bureaux des Rays à Tampa.   

William Jegher est l’homme de confiance de Stephen Bronfman dans le dossier. Dans l’entrevue, il raconte qu’il voyage constamment entre Montréal et Tampa depuis des mois pour faire avancer le dossier. Et Brian Auld est le président des Rays depuis déjà cinq ans. Le président, pas le concierge. Et dans l’entrevue avec Filosa, c’est lui qui explique qu’il y aura un réseau français et un réseau anglais de télévision ainsi que deux réseaux de radio. Il dit même qu’on va partager les matchs des séries quand ce sera possible. Filosa prévoyait de diffuser ces entrevues en début de semaine. Le Journal a court-circuité ses plans.  

Un plan qui a du sens  

Il y a deux ans, je n’aurais jamais cru en ce projet d’une équipe pour deux villes. Mais en analysant les pour et les contre, mon opinion a beaucoup évolué. Je fais partie de ceux qui se sont gelé le cul au Stade olympique en avril. Et même en mai. J’ai vu des collègues en costume de ski-doo dans la galerie de la presse. Et comme le racontait Stephen Bronfman, on vivait mal, à la maison paternelle, ces foules de 6000 spectateurs qui suivaient les 50 000 du match inaugural.   

Et hier, un animateur de Dan Radio à Dolbeau disait douter de cette idée de présenter du baseball à partir de la Saint-Jean à Montréal.  

– Partirais-tu de Dolbeau en avril pour voir du baseball ?  

Non... pas vraiment...  

C’est de même. Je pense que 41 matchs dans un beau stade au centre-ville, dans la douce chaleur d’un été québécois, avec la visite des Red Sox, des Yankees ou des Blue Jays, vont faire capoter les fans et surtout, le monde ordinaire.   

Mais tout lecteur a parfaitement le droit de penser qu’il aimerait mieux attendre des années et des années pour obtenir peut-être un club d’expansion et, après, trouver un terrain et construire un stade. En cherchant un propriétaire qui sera encore là.   

Personnellement, l’idée des 41 matchs, le même nombre que les matchs réguliers disputés au Centre Bell par le Canadien, me convient très bien. Surtout qu’avec les médias modernes, web, télévision, radio, Le Journal, les fans pourront suivre leurs favoris comme s’ils jouaient dans la cour du voisin.  

Souvent, un tien vaut bien plus que deux tu l’auras.  

Surtout quand il faudra faire vivre les deux tu l’auras.  

Tout peut dérailler  

Cela dit, tout peut toujours dérailler. Les obstacles sont encore énormes. Mais ils seraient là pour obtenir une équipe à temps plein. Et même plus puisqu’on parle alors de 2,5 milliards.  

Je répète pour éclaircir le débat : Stephen Bronfman et Stuart Sternberg doivent arriver à une entente de principe, d’ici quelques mois, sur le nombre de centaines de millions à verser pour un pourcentage de l’équipe. Condition sine qua non.  

Ensuite, il faut rencontrer l’Office de consultation publique de Montréal pour déposer un projet de logements sociaux intégrés à l’énorme projet domiciliaire prévu avec Divemco sur le site du stade.  

Projet complexe  

Par la suite, il faut négocier et acheter le vaste terrain contaminé qui appartient au gouvernement fédéral.  

Puis, investir des dizaines de millions pour sa décontamination.  

Embaucher une firme d’architectes et faire préparer les plans du stade.  

Déposer le tout au bureau du commissaire du baseball en décembre 2020.  

Et si tout est accepté par le baseball majeur et alors seulement, l’entente de principe du début deviendra officiellement un achat de copropriété de l’équipe.  

Vous comprendrez rapidement que le projet est complexe et doit être mené avec doigté. Et que Stephen Bronfman avait réfléchi longuement avant de secouer le pommier lors de la longue entrevue qu’il m’a accordée. Il fallait qu’on sache, tant à Tampa qu’à Montréal, tout le travail qu’il y avait à accomplir.  

C’est fait. Tout le reste, comme on dit en Afrique quand vient le temps de manger un éléphant, c’est une bouchée à la fois.  

Félix... et la générosité  

Félix Auger-Aliassime a perdu en finale contre Gaël Montfils à Rotterdam. On s’en fout. Il a 19 ans et il continue de progresser. Il va prendre du coffre et de l’expérience et va gagner sa part de tournois et de titres prestigieux.  

Mais Félix a gagné encore bien plus qu’un tournoi. Il a signé une entente avec un prestigieux commanditaire. Pas pour mettre de l’argent dans ses poches. Non, pour en sortir.  

Pour les enfants  

Depuis deux semaines, toutes les fois que Félix fait un point, il donne cinq dollars à une fondation et la banque BNP Paribas ajoute 15 dollars. L’argent recueilli va servir à favoriser l’instruction des enfants au Togo. C’est le pays des parents du grand Félix. D’ailleurs, sa grand-mère vit encore à Lomé, la capitale.  

Je lis régulièrement les journaux et médias du Togo et je suis toujours impressionné par l’immense fierté qu’on montre à l’endroit du « Québécois-Togolais », un des meilleurs joueurs au monde.  

Fais-en des points, Félix, je suis allé quatre fois en Afrique; c’est le plus beau cadeau d’une vie que tu fais...