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L’IA fait gonfler la demande de main-d’œuvre en TI

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Le développement de l’intelligence artificielle (IA) fait en sorte que les besoins de main-d’œuvre dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) seront importants au cours des prochaines années.  

« [L’IA], c’est le domaine qui a la plus forte demande sur le plan des besoins d’expertises », avance le professeur du département d’organisation et ressources humaines de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Placide Poba-Nzaou. Ce dernier précise toutefois que la demande d’experts en IA dépend directement de l’intégration des technologies dans les organisations.  

TECHNOCompétences, le comité sectoriel de la main-d’œuvre en TI, a également identifié l’intelligence artificielle comme étant un domaine des TI en plein essor. L’ampleur de la demande en main-d’œuvre au cours des cinq prochaines années n’a pas été quantifiée, mais le comité sectoriel anticipe que des professions telles que programmeur de médias interactifs, analyste informatique et technicien en génie électrique et électronique seront fort recherchées au cours des deux prochaines années. Outre l’intelligence artificielle, le secteur des mégadonnées cherchera aussi un grand nombre d’experts dont les compétences devront toucher à la fois les TI, les mathématiques et l’informatique. « Ça reste des profils très rares, mais c’est un domaine pour lequel il y a beaucoup d’occasions d’emploi », note Placide Poba-Nzaou.  

L’infonuagique, l’automatisation et l’Internet des objets font également partie des domaines d’activité qui auront besoin de sang neuf. La cybersécurité, qui fait régulièrement les manchettes, tentera aussi de recruter de nombreux experts.  

« Plus les organisations s’interconnectent, plus elles deviennent vulnérables [au vol de données], explique le professeur de l’UQAM. Tous les secteurs d’activité sont touchés, y compris le secteur de la défense, qui a des standards de sécurité très élevés. »  

TECHNOCompétences prévoit aussi que des développeurs « à tout faire » (full stack) seront fortement recherchés dans ces secteurs d’activité, tout comme les spécialistes des langages informatiques Python et JavaScript.  

Ces prévisions sont préliminaires, puisque de nouveaux postes voient constamment le jour à mesure que les technologies se développent. Placide Poba-Nzaou rappelle qu’il y a tout juste cinq ans, on ne voyait pas de postes de gestionnaire de données ou de spécialiste de l’infonuagique dans les affichages.  

« Tout porte à croire que de nouveaux types d’emploi seront créés autour de l’infrastructure des données, en lien avec l’intelligence artificielle, indique pour sa part la directrice de la recherche et du contenu de TECHNOCompétences, Geneviève Clavet. De nouveaux emplois seront vraisemblablement créés pour suivre les besoins changeants en cybersécurité. Les méthodologies de travail, telles que la méthodologie agile et la méthodologie DevOps, seront appelées à changer et de nouveaux types de professionnels émergeront de ces changements. »  

  

Le domaine en chiffres  

 

Pas moins de 219 800 travailleurs exerçaient une profession liée aux TIC en 2018, tant au sein d’entreprises spécialisées en TIC (51 %) qu’à l’intérieur d’organisation qui ne se concentrent spécifiquement pas sur le développement des technologies (49 %), d’après le Diagnostic sectoriel 2018 de la main-d’œuvre dans le secteur des TIC au Québec, réalisé par TECHNOCompétences.  

D’après Emploi Québec, 6 500 emplois, en moyenne, doivent être pourvus annuellement au Québec dans l’ensemble du secteur des TI depuis 2016. Cette main-d’œuvre étant âprement disputée entre les entreprises, les centres de recherche et les organisations de toutes sortes, le gouvernement du Québec a formé, le mois dernier, un groupe d’intervention en matière de rareté de la main-d’œuvre afin de trouver rapidement des professionnels qualifiés.