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Pour en finir avec le snobisme anti-bus

Pour en finir avec le snobisme anti-bus
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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La solution miracle pour enrayer la congestion urbaine existe déjà: l’autobus. Il nous faut plus d’autobus, beaucoup, beaucoup plus d'autobus, capables d’aller plus vite que les voitures grâce à des voies réservées, ainsi qu’un grand nombre d’abribus propres et convenables pour éviter les séances de piquet par moins vingt.  

Lorsque les Montréalais se rendront compte que le mode de déplacement le plus rapide et le moins frustrant en ville est de loin l’autobus, ils l’adopteront massivement... mais pas avant.     

L’actuelle administration municipale va dans la bonne direction avec ses 300 nouveaux autobus. N’est-ce pas réjouissant de voir la STM en pleine embauche et à la recherche de pas moins d’un demi-millier de chauffeurs?    

Masochisme   

Une étude de l’ARTM dévoilée le mois dernier nous a révélé ce que tout le monde savait déjà: la fréquentation du transport en commun n’a pratiquement pas augmenté. Les trois quarts des déplacements se font en automobile.    

Ce n’est pas la faute des Montréalais: ils ne sont pas masochistes. Si c’est plus rapide et commode en auto, on prend l’auto. Et si l’autobus est le parent pauvre, inconfortable, peu fiable et lent, eh bien, on le snobe. Dans les films, parfois, un personnage subit un revers de fortune. Pour illustrer sa déchéance, le cinéaste nous le montre en train de border un autobus. Signe qu’il a perdu sa voiture. Le voilà, humilié, réduit à utiliser le transport public. Cette image dépréciative colle à l’autobus et explique une partie du mépris à son endroit.     

Snobisme   

Nos dirigeants aiment à vanter les vertus écologiques du transport en commun, mais, soyons sérieux, c’est sur le terrain de l’efficacité que la rivalité autobus-auto se joue. Une voie routière typique ouverte aux automobiles déplace environ 2000 personnes à l’heure, souligne Steven Higashide, l’auteur du livre Better Buses, Better Cities. Une voie réservée aux autobus voit passer 8000 personnes par heure. Et les rues réservées exclusivement aux autobus permettent la circulation de 10 000 à 25 000 personnes par heure.     

La donnée cruciale, déterminante, pour l’usager, c’est le temps de déplacement. Presque toujours, à Montréal, pour un trajet, utiliser Uber ou le taxi, ou sa propre auto, s’avère plus rapide que le transport public. Le jour où, comme à Londres, l’autobus sera plus vite que tout autre mode de transport, le déclic aura lieu. Quand la STM pourra dire «Embarque donc avec nous, tu vas arriver plus tôt à ta destination», on aura passé le cap. D’ici là, toutes les campagnes publicitaires du monde ne changeront pas nos habitudes.