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Six Hells Angels aux premières loges

Yvon Michel nie avoir invité les motards à son gala de boxe

GEN - CAUSE DU GROUPE YVON MICHEL, GYM
Photo Martin Alarie Le promoteur de boxe Yvon Michel était présent lors de l’audience, mardi, et tentera mercredi de convaincre la Régie des alcools, des courses et des jeux de ne pas suspendre son permis.

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Le promoteur Yvon Michel est dans les câbles parce que six Hells Angels se sont assis tout près de lui, comme «ses invités», lors d’un gala de boxe qu’il a tenu l’automne dernier.

Le patron du Groupe Yvon Michel (GYM) a encaissé ce reproche mardi lors d’une audience disciplinaire devant la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) chargée d’encadrer la tenue des sports de combat au Québec.

Le promoteur «devrait être sanctionné» pour avoir toléré la présence d’un groupe criminalisé et d’autres irrégularités à son gala du 20 septembre 2019, selon la procureure de la RACJ, Me Joliane Pilon.

Ce soir-là au Centre Pierre-Charbonneau, la brigade Éclipse du SPVM y a identifié six membres en règle des Hells Angels du chapitre montréalais postés près de l’arène, dans la rangée juste derrière celle du promoteur, a précisé le sergent Stéphane Clavet.

Il y avait l’ex-leader du gang, Salvatore Cazzetta, les influents Stéphane Plouffe, David Lefebvre et Salvatore Brunetti, ainsi que les vétérans Yvon Tanguay et Vincent Boulanger.

«Ces gens liés au crime organisé étaient à l’intérieur du périmètre de sécurité réservé aux invités du promoteur, aux officiels de la Régie et aux représentants des médias. C’étaient les invités d’Yvon Michel, et ça me préoccupe», a témoigné le directeur général adjoint de la Régie, Roger Lacroix.

Entourés par d’autres motards

Les Hells étaient flanqués de motards de clubs «supporteurs» pour assurer leur sécurité, a ajouté le sergent-détective Eric Monfette.

«J’ai assisté à de nombreux galas de boxe pour les fins de mon travail parce que les motards sont souvent là, mais je n’avais jamais observé de Hells Angels dans le périmètre de sécurité avant», a dit cet expert sur les motards, en ajoutant que cela pouvait laisser croire à «un accès privilégié au promoteur».

L’avocat de GYM, Me Martin Pichette, a argué que loin d’y avoir été invités, ces spectateurs ont payé 250 $ pour leur billet et «la Régie en était avisée».

Tous les témoins ont concédé que ce gala s’est déroulé sans accrochage. «En aucun temps» les policiers n’ont vu M. Michel fraterniser avec les motards, d’après le sergent Clavet.


Estimant qu’il n’a «absolument rien» à se reprocher, Yvon Michel témoignera pour sa défense mercredi devant la RACJ.