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Boston bientôt partiellement noyée?

Boston bientôt partiellement noyée?

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Je m’éloigne une fois de plus de la politique pour m’intéresser à une réalité qui affecte l'une de mes villes américaines préférées. Pour les habitants de la ville de Boston, les effets des changements climatiques ne constituent pas un défi du futur, mais un défi quotidien pour gérer la hausse du niveau de la mer. 

Ceux et celles qui s’intéressent à l’histoire de la ville et à son développement savent probablement déjà qu’au moment de la colonisation, la superficie de Boston était d’environ le quart de ce qu’elle est. Au fil des ans, Boston a grossi en gagnant sur la mer. Bien des quartiers aujourd’hui très populaires auprès des touristes (South End et Back Bay) se sont développés grâce au remplissage. 

En 2020, on ne gagne plus de superficie, mais on risque d’en perdre beaucoup, selon les prévisions. Le niveau de la mer pourrait grimper de huit pouces d’ici à 2030, hauteur à laquelle on ajouterait près de trois pieds supplémentaires d’ici à 2070. 

L’heure n’est donc plus à la remise en question des retombées des changements climatiques, mais bien à la recherche de solutions à court, moyen et long terme. Le maire de la ville, le démocrate Martin Walsh, promet d’investir annuellement 30 millions de dollars pour relever le défi auquel sa ville est confrontée. 

Bien sûr, Boston n’est pas la seule ville aux prises avec cette dure réalité, mais une étude internationale menée en 2013 avance qu’elle est la huitième ville la plus menacée de la planète (sur un échantillon de 160 villes). Si vous jetez un œil au panorama de la ville, vous constaterez rapidement que les Bostonnais n’ont guère le choix d’adapter les constructions menacées, puisqu’ils ne peuvent se relocaliser nulle part. 

De plus, tous ne sont pas égaux devant la catastrophe qui s’annonce. Si on peut penser que de riches hôteliers ou de riches propriétaires disposent des ressources pour faire face à la crise, qu’adviendra-t-il des quartiers populaires (comme Dorchester) où des populations moins bien nanties habitent des appartements localisés sur des portions de territoire qui résultent du remplissage des 19e et 20e siècles? 

Quand on pense au défi colossal qui attend les villes côtières, on pense souvent au gigantisme des budgets nécessaires. Heureusement, tout n’est pas sombre. Boston, ville universitaire, peut compter sur une expertise locale et s’inspirer des projets qui émanent de plusieurs autres grandes villes.  

Parmi les alternatives envisagées à New York et à Boston, on retrouvait la construction de gigantesques barrières. À New York, on a évoqué un «sea wall» (un gigantesque mur), dont les coûts auraient été astronomiques (200 milliards!). Outre les coûts, les retombées sur l’environnement auraient pu être nocives. Et je ne parle même pas de la laideur de l’ouvrage pour des villes habituées à vendre leur panorama et leurs charmes. 

Pour l’instant, les alternatives retenues à Boston sont un brin plus modestes, mais elles exigent malgré tout des travaux importants. On parle carrément d’élever des rues et des bâtiments. 

Si, comme beaucoup de Québécois, vous visitez Boston dans les prochaines années, ne vous étonnez pas de voir régulièrement des travaux dans cette ville qui fut le berceau de l’indépendance des États-Unis. Depuis longtemps, on nous met en garde contre l’évolution du niveau de la mer. Ceux qui ont préféré ignorer les recommandations de la communauté scientifique ne peuvent maintenant plus se défiler. C’est le cas de Boston. 

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