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Coronavirus: 79 nouveaux cas à bord du paquebot au Japon

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Yokohama | Des centaines de passagers du Diamond Princess ont commencé à quitter mercredi au Japon le paquebot contaminé au coronavirus qui a fait plus de 2000 morts en Chine, mais Tokyo annonçait dans la soirée 79 nouveaux porteurs à bord, qui ne pourront donc retrouver sous peu la liberté.  

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Le nombre total de cas répertoriés est ainsi porté à 621 ce qui fait de ce bâtiment le plus grand foyer du virus hors de Chine.   

Quelque 500 passagers ne présentant pas de symptômes, dont les tests se sont révélés négatifs et qui n’ont pas eu de contact avec des personnes porteuses du virus, devaient débarquer tout au long de la journée, après 14 jours de quarantaine au Japon, selon le ministère japonais de la Santé.   

  

AFP

  

«Je suis soulagé (...). Je veux me reposer», a lancé aux journalistes un Japonais de 77 ans, disant se diriger vers les transports en commun. Et la vie à bord? «C’était confortable (...) je vais bien», a-t-il simplement dit.   

Un grand nombre de bus de la ville de Yokohama ainsi qu’une douzaine de taxis ont emmené vers leurs destinations respectives des croisiéristes, dont beaucoup arrivaient en roulant derrière eux leur bagage.   

Certains prenaient le temps de se tourner vers l’immense navire pour faire un dernier signe de la main à ceux qui étaient restés à bord, lesquels répondaient par grands gestes depuis leurs balcons.    

Ce bateau de croisière, à quai dans le port de Yokohama dans la banlieue de Tokyo, a vu se multiplier depuis début février le nombre de personnes contaminées répertoriées, devenant le foyer le plus important du virus hors de Chine. Les porteurs du virus étaient au moins 621 mercredi, plaçant le Japon sous le feu des critiques sur la gestion de la quarantaine.   

«Aucun risque d’infection»   

Les 3711 personnes originaires de 56 pays initialement à bord du Diamond Princess ont vu une croisière de rêve en Asie tourner au cauchemar, entre la peur de contracter une pneumonie virale meurtrière et un ennui sans fin, confinés dans une cabine, pour certains sans fenêtre avec juste une petite promenade sur le pont.   

«Une dernière fois, toute notre reconnaissance à l’équipage et au capitaine pour leur incroyable attention (...) pendant cette crise épique (...). Nous sommes impatients de vous revoir un jour à bord», a tweeté Yardley Wong, qui a été confinée avec son fils âgé de six ans.   

Les personnes autorisées à sortir ont reçu un certificat officiel indiquant qu’elles ne présentaient «aucun risque d’infection au nouveau coronavirus», ni de symptômes au moment de l’inspection.   

Certains au Japon s’inquiétaient de voir des passagers du navire éparpillés dans la nature ou en partance pour leurs pays respectifs.    

Au Cambodge, plusieurs dizaines de touristes, encore bloqués sur un navire de croisière après qu’on eut découvert qu’une passagère débarquée auparavant était porteuse du coronavirus, ont débarqué mercredi à Sihanoukville (sud). Ils ont tous été testés négatifs au virus.    

Plus de 1200 passagers avaient été autorisés à débarquer la semaine dernière, accueillis pour certains par le premier ministre cambodgien Hun Sen en personne, à grand renfort de fleurs et d’accolades.    

  

  • Julien Bergeron et Manon Trudel, coincés sur le Diamond Princess, étaient en entrevue avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

 

«Un échec majeur»   

Concernant le Diamond Princess bloqué au Japon, pour Kentaro Iwata, professeur à la division des maladies infectieuses de l’Université de Kobe interrogé par l’AFP, la mise en quarantaine à bord du navire est «un échec majeur, une erreur» et justifie le «scepticisme» de l’étranger.   

Les dizaines de nouveaux cas constatés à bord chaque jour ont soulevé des questions sur l’efficacité de la quarantaine au cours de laquelle les passagers étaient autorisés à se promener en petits groupes sur le pont avec des masques, tandis que le personnel de bord passait de cabine en cabine pour distribuer les repas.   

Plusieurs pays ont décidé d’envoyer des avions pour rapatrier leurs ressortissants sans plus attendre.   

La première de ces évacuations était celle de plus de 300 Américains dimanche par avion.    

Quant à l’équipage, il entamera une quarantaine une fois le dernier passager sorti.   

En Chine, d’où est parti le virus, le bilan dépasse 2000 morts avec plus de 74 000 personnes infectées. Le territoire semi-autonome de Hong Kong a constaté un deuxième décès.   

En dehors de la province chinoise du Hubei (centre), « cette épidémie touche une très petite proportion de la population », avait déclaré lundi le Dr Michael Ryan, directeur des urgences de l’OMS. Des centaines de cas ont été constatés hors de Chine à travers le monde.   

Sur les douze cas confirmés d’infection en France, seules quatre personnes restaient hospitalisées mardi. Un troisième cas positif a en revanche été diagnostiqué parmi les quatre ressortissants français à bord du Diamond Princess. Les trois autres passagers français, dont l’un de 80 ans, sont hospitalisés au Japon.   

  

Voici les principaux chiffres à connaître sur ce paquebot   

3711  

Le navire avait à son bord 3711 personnes lors de son arrivée à Yokohama (au sud de Tokyo). Parmi eux figuraient 2666 croisiéristes. Le reste était constitué de membres d’équipage. Ce nombre a diminué au fur et à mesure que les personnes contaminées ont été évacuées du navire afin d’être hospitalisées.      

  

AFP

  

500  

Environ 500 personnes devraient débarquer mercredi. Pour cela, elles doivent avoir réalisé un test négatif au coronavirus, ne pas présenter de symptômes, ne pas avoir eu de contact avec une personne testée positive et avoir achevé leur période de quarantaine. Une fois dehors, elles ne subiront aucune restriction à leurs mouvements. Le débarquement devrait se poursuivre durant plusieurs jours, les personnes étant testées négatives au coronavirus pouvant progressivement être évacuées.      

56  

Les personnes à bord étaient originaires de 56 pays et territoires, dont la moitié du Japon, selon l’opérateur Princess Cruises. Parmi les principaux contingents: des centaines d’employés philippins et des centaines de croisiéristes américains -- la plupart de ces derniers ayant été évacués par Washington avant la fin de la quarantaine.      

14  

Après l’arrivée du bateau, le gouvernement japonais a annoncé son placement en quarantaine pour 14 jours, la période maximale d’incubation supposée de la maladie Covid-19. Les passagers étaient confinés dans leurs cabines. Ils pouvaient cependant sortir pour de brèves promenades sur un pont du navire. Obligation cependant: porter un masque, des gants et rester à distance des autres croisiéristes.       

542  

Au moins 542 personnes à bord ont été contaminées par le coronavirus, selon le dernier bilan établi mercredi. Au total, plus de 2000 personnes ont subi un test de dépistage depuis l’arrivée du Diamond Princess au Japon.      

  

AFP

  

11  

Au milieu environ de la période de quarantaine, le Japon a proposé un aménagement aux passagers âgés de 80 ans ou plus ayant des problèmes de santé préexistants ou séjournant dans des cabines sans fenêtres: poursuivre leur isolement sur terre s’ils sont testés négatifs. Au final, seules 11 personnes qui répondaient aux critères ont choisi de débarquer.       

328  

Quelques jours avant la fin de la quarantaine, les États-Unis ont décidé d’évacuer leurs ressortissants. Condition cependant: subir une nouvelle quarantaine de 14 jours à leur arrivée sur le sol américain. Au total, 328 Américains sont partis à bord de deux avions, d’autres choisissant toutefois de rester sur le bateau. L’Australie, le Canada et le Royaume-Uni ont aussi fait part de leur désir de rapatrier leurs citoyens.      

1045  

Au total, 1045 membres d’équipage étaient à bord lors de l’arrivée du Diamond Princess au Japon. Contaminés, certains ont été hospitalisés sur la terre ferme. Ceux restant sur le navire devront subir une nouvelle quarantaine... mais celle-ci ne débutera que lorsque tous les passagers auront débarqué.