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Caisse de dépôt et placement: Québec gonfle de 10 % le salaire du nouveau PDG

Une meilleure paie avant même d’avoir fait ses preuves

Charles Émond occupait le poste de premier vice-président, Québec, Placements privés et Planification stratégique de la Caisse avant d’être nommé PDG, en janvier dernier.
Photo Mario Beauregard Charles Émond occupait le poste de premier vice-président, Québec, Placements privés et Planification stratégique de la Caisse avant d’être nommé PDG, en janvier dernier.

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Sans tambour ni trompette, le gouvernement Legault vient de gonfler de 10 %, de 500 000 $ à 550 000 $, le salaire du nouveau PDG de la Caisse de dépôt, Charles Émond, qui remplace Michael Sabia. 

• À lire aussi: Alstom deviendra le plus gros placement de la Caisse de dépôt  

Le nouveau patron du bas de laine des Québécois, Charles Émond, a droit « pour un mandat de cinq ans à compter du 1er février 2020 au traitement annuel de base de 550 000 $ », peut-on lire dans le décret publié dans la Gazette officielle du Québec, mercredi. 

En comparaison, le PDG sortant, Michael Sabia, avait un salaire de base de 500 000 $, mais sa rémunération globale s’élevait à 3,9 millions $ en 2018. Depuis son entrée en poste, en 2009, M. Sabia a refusé toute hausse salariale, même si sa rémunération totale avait bondi de 11,5 %, en 2018, grâce à une prime de rendement de 400 000 $. 

Les règles respectées 

Mercredi, le gouvernement Legault a fait savoir que « la rémunération et les autres conditions d’emploi de monsieur Charles Émond [allaient respecter] le Règlement intérieur de la Caisse de dépôt et placement du Québec », sans donner plus de détails. 

Parmi les membres du « club sélect » des mieux payés à la Caisse en 2018, Stéphane Etroy (4,4 millions $), Emmanuel Jaclot (2,6 millions $), Macky Tall (2,5 millions $), Anita M. George (1,9 million $) et Claude Bergeron (1,6 million $) trônent en tête de liste. 

En novembre 2019, Michael Sabia avait créé la surprise en annonçant son intention de laisser son poste ce mois-ci plutôt qu’en 2021. 

Sur le coup, son départ précipité avait pris de court le monde financier, y compris le ministre des Finances, Éric Girard, selon des informations obtenues par Le Journal

Parmi les dossiers de la Caisse de l’ère Sabia qui ont déplu au gouvernement Legault, notons les obstacles du REM et l’investissement controversé de 1,3 milliard $ dans WeWork, désavoué par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. 

Le congédiement de quatre employés de sa filiale Otéra Capital après une enquête du Journal a aussi ébranlé les colonnes du temple de la Caisse sous son règne. 

L’actif net de la Caisse s’élevait à 309,5 milliards $ au 31 décembre 2018, contre 298,5 milliards $ un an plus tôt. 

Charles Émond en bref  

  • 47 ans 
  • A travaillé pour la Banque Scotia pendant près de 20 ans 
  • Nommé vice-président à la Caisse il y a un an 
  • Salaire de 500 000 $ en 2019 
  • 550 000 $ dès son entrée en poste (primes non comprises)