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Le choix de Nantel

Le choix de Nantel
Photo d'archives, JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

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Au cours de ma carrière, j’ai eu l’occasion de côtoyer plusieurs – sinon la plupart – des humoristes québécois, et même d’ailleurs.   

Je les ai croisés dans les loges d’une salle de spectacle, dans un brainstorming ou lors d’une première médiatique d’un de nos collègues. Je vous avoue que j’ai eu beaucoup plus de belles rencontres que de mauvaises. Il y aura toujours quelques personnes avec qui le courant passe moins, avec qui il n’y a pas de déclic, sur le plan professionnel ou personnel, mais ce n’est pas propre au milieu de l’humour. C’est la vie, on ne peut pas aimer tout le monde.        

J’ai eu la chance de côtoyer Guy Nantel à plusieurs reprises. J’ai eu des échanges très constructifs avec lui, voire inspirants. C’est quelqu’un de simple, de passionné. Mais je dirais que c’est surtout sur scène que j’ai pu en apprendre plus sur lui.         

En humour, il y a quelque chose qu’on apprend à maîtriser avec les années, et c’est la confiance. La différence entre dire une blague et livrer une blague. L’interpréter avec assurance en assumant la moindre virgule. C’est ce qui fait la différence entre un numéro dont on se souvient et un numéro qu’on oublie.        

Il n’y a pas beaucoup d’humoristes aussi assumés que Guy. Il ne se cache pas derrière des excuses ou des arguments pour se justifier. En bon français, «what you see is what you get».        

Alors, quand j’ai appris qu’il se lançait dans la course à la chefferie du Parti québécois, j’ai été tout sauf étonné.         

Bien entendu, quand quelqu’un se lance en politique, il y a toujours une partie de moi qui se dit: MAIS POURQUOI? Pourquoi vouloir faire un travail qui demande autant d’investissement, de sacrifices, tout ça pour un salaire correct et le fait d’être constamment montré du doigt, à tout moment, par TOUT LE MONDE? Je vais toujours avoir de la difficulté à comprendre.        

Par contre, Guy connaît déjà un peu tout ça. Il est habitué à se faire juger, pointer du doigt et même menacer à la suite de ses spectacles. Il sait comment argumenter sur un sujet et sait que ça ne sert à rien de s’aventurer dans un domaine si on n’en connaît pas les rouages.        

Mon opinion est sans aucun doute biaisée, car je pratique le même métier que lui, mais les qualités d’un humoriste, n’est-ce pas ce qu’on cherche dans un politicien? En particulier un humoriste qui se spécialise en humour politique.        

Quelqu’un qui sait comment prendre la parole et qui n’a pas peur de la confrontation.        

Quelqu’un qui, toute sa vie, a choisi de suivre son cœur plutôt que sa tête.        

Quelqu’un qui accepte depuis longtemps de se lancer dans un projet sans savoir comment il finira.         

Quelqu’un qui a du charisme et qui sait comment unir les gens qui viennent d’horizons complètement différents.         

C’est si absurde que ça? Je ne sais pas, peut-être. Une chose est certaine: on verra bien...