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«Les fleurs du tapis»: nouveau départ réussi pour Rachid Badouri

L'humoriste Rachid Badouri
Photo Agence QMI, STEVE MADDEN L'humoriste Rachid Badouri

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MONTRÉAL | Plus humble que jadis, Rachid Badouri? Il faudrait demander à son équipe. Chose certaine, sur les planches, l’humoriste propose, avec «Les fleurs du tapis», un troisième spectacle abouti, brillant et très drôle. Un nouveau départ réussi. 

On a récemment beaucoup fait état de la transformation de Rachid Badouri, de son «retour à l’humilité» après des années de grosse tête et de comportements désagréables, qu’il a lui-même abondamment racontés. 

L'humoriste Rachid Badouri
Photo Agence QMI, STEVE MADDEN

Mais on aurait tort d’affubler «Les fleurs du tapis» du titre de «"one man show" de la rédemption». On l’a constaté à l’Olympia, mercredi : script-édité par Laurent Paquin, ce nouveau matériel de Badouri est loin de n’être qu’une longue confession. Absolument pas. Il y a certes une tirade sur son ancienne réputation de diva, mais le comique aborde quantité d’autres thèmes, à sa manière survoltée. 

Bête de scène 

Il se présente depuis quelques mois comme un Rachid Badouri revu et amélioré, mais l’artiste a conservé le meilleur de tout ce qu’il a toujours été : l’énergie – renouvelable, inépuisable! – branchée sur les 200 volts, la répartie vive et cinglante, les expressions impayables, la délicieuse autodérision... Badouri a peut-être déjà eu l’air bête, mais on a également toujours su qu’il est une véritable bête de scène. 

L'humoriste Rachid Badouri
Photo Agence QMI, STEVE MADDEN

Les sujets de «Les fleurs du tapis» croissent en intensité et en humanité au fur et à mesure que la prestation avance. Badouri, qui n’a jamais ménagé les clins d’œil à ses origines marocaines, commence en taquinant Paris, ville qu’il fait bon visiter, estime-t-il, mais pas nécessairement où vivre. 

Il trouve moyen de revenir sur l’anecdote du vélo Bixi retrouvé au Maroc en 2018, puis d’imiter quelques intonations des langues arabes et latinos, qui contribuent aux préjugés, selon lui. «En espagnol, même herpès, c’est romantique: herpèso», analyse-t-il. On salue les «Sylvie de 52 ans» qui voyagent à Cayo Coco et deviennent ici un hilarant personnage. Badouri a également le chic pour pasticher à la perfection ses potes Mike Ward et Louis-José Houde. 

L'humoriste Rachid Badouri
Photo Agence QMI, STEVE MADDEN

Puis, on avance de plus en plus vers le cœur. Le cœur du spectacle et le cœur de Rachid. L’homme encense son épouse, éducatrice spécialisée de profession; le parallèle qu’il établit entre les salaires des professionnels de la santé et ceux des joueurs de hockey, dans notre «société à l’envers», est particulièrement éloquent. 

«Péteux de coches» 

Rachid évite brillamment les lieux communs quand il raconte l’accouchement de sa douce, cette «scène de crime» où il s’est senti particulièrement inutile. Il jase des valeurs qu’il inculque à sa fillette, et se permet quelques réflexions sociales entre les boutades. Idem lorsqu’il arrive à la maladie, qui lui a apparemment ouvert tous les orifices, mais qui l’a surtout rendu vulnérable. Il a même craint un cancer du poumon. 

Et c’est ce qui nous amène enfin à son passé de «péteux de broue» et de «péteux de coches». Badouri revient sur ses débuts, survole son ascension rapide dans l’industrie artistique et... ses réactions excessives d’antan, qui lui ont fait échapper de belles opportunités professionnelles. C’est sûrement là le segment le plus captivant de «Les fleurs du tapis», mais on ne blâmera pas un fin renard comme Rachid Badouri d’avoir gardé le meilleur pour la fin. 

Rachid Badouri présentera «Les fleurs du tapis» en supplémentaires à l’Olympia de Montréal le 23 mai et du 26 au 30 décembre 2020. Son calendrier de tournée est disponible au rachidbadouri.com.