/sports/hockey
Navigation

LHJMQ: l’abolition des bagarres attendra

Les propriétaires des équipes de la ligue n’ont pas tenu de vote, jeudi

Thomas Caron
Photo d'archives, Didier Debusschère Les hockeyeurs de la LHJMQ pourront continuer à jeter les gants lors des matchs. Liam Peyton, des Islanders de Charlottetown, et Thomas Caron, des Remparts de Québec, l’avaient d’ailleurs fait lors d’un match au Centre Vidéotron, en novembre dernier.

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL | Malgré la volonté politique d’éliminer les bagarres dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), les propriétaires des équipes ont été incapables de voter sur la question jeudi.  

Réunis dans un hôtel de Dorval dans le cadre de l’assemblée des membres, les propriétaires et les présidents des 18 franchises du hockey junior québécois ont eu de vives discussions sur l’épineux dossier des bagarres, mais finalement, le statu quo a été privilégié jusqu’à la prochaine réunion prévue en juin en marge des assises.  

Au sortir de la réunion, le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, estimait avoir été témoin de « très bonnes discussions » tout en reconnaissant que l’enjeu avait soulevé plusieurs questions de la part des équipes. Les divergences d’opinions autour de la table retardent le processus pour le moment.   

« C’est un point très sensible. Les propriétaires voulaient comprendre. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend à la légère et on fait un travail continu dans ce dossier pour s’assurer qu’on arrive à prendre la décision appropriée pour la sécurité des joueurs.  

« Il y a plusieurs éléments qui entrent en ligne de compte. Il y a plusieurs questions qui ont été soulevées, la position de nos partenaires dans les autres ligues [OHL et WHL] et il faut prendre en considération que les propriétaires qui se réunissent ne sont pas à la fine pointe de la réglementation entourant les bagarres. On n’avait pas eu l’opportunité de rentrer aussi profondément dans la réglementation, d’expliquer certaines des conséquences de commotions cérébrales », a réagi le commissaire dans une mêlée de presse courue.  

Pas « d’urgence à voter » 

La question de l’élimination des bagarres dans le circuit Courteau par l’adoption de mesures coercitives était sur toutes les tribunes depuis quelques jours. Au plus tard, de nouveaux règlements pourraient être votés en août à la rencontre annuelle sur la modification des règles de jeu si la proposition est entérinée par les deux tiers des membres.  

« Il n’y avait rien qui nous tenait à prendre une décision aujourd’hui [jeudi]. Il n’y avait aucune urgence à voter aujourd’hui », a répété le commissaire à plusieurs reprises.   

Tanguay déçu  

Instigateur de la proposition pour enrayer les bagarres au hockey junior, le président des Remparts de Québec, Jacques Tanguay, cachait mal sa déception après avoir livré ses arguments. 

« Oui, certainement que je suis déçu, mais nous sommes 18 équipes et il y a encore du travail à faire. Il y a toujours de l’avancement et des discussions, mais ils ne sont pas prêts à prendre une décision. Il reste encore beaucoup de sensibilisation à faire. Il faut donner les bonnes raisons pour lesquelles on veut que ça change », a-t-il plaidé.  

La sécurité des joueurs a d’ailleurs été évoquée à de multiples reprises au cours de la rencontre. À la lumière des propos d’intervenants du circuit qui ont circulé dans les derniers jours, il semble clair que certains craignent que les joueurs vedettes soient pris en grippe avec une politique plus stricte.  

« La discussion a été enrichissante. Il y a plusieurs points de vue, c’est intéressant, et c’est un changement de culture important. Ça prendra le temps d’arriver et je suis convaincu qu’il se préparera de bonnes choses à la suite de cela », a reconnu Ronald Thibault, coactionnaire chez le Phoenix de Sherbrooke.  

En baisse  

Les bagarres sont en constante diminution sur les patinoires de la LHJMQ depuis une dizaine d’années. De 0,91 combat par match en 2007-2008, la moyenne se situe à 0,25 depuis le début de la présente saison.  

« On a fait beaucoup de progrès au fil des années dans cet aspect avec des réglementations plus serrées. Il y a encore place à amélioration et on a pris le temps d’en discuter », a rappelé Courteau.  

Gilles Courteau
Photo d'archives, Didier Debusschère
Gilles Courteau

« Il faudra à un moment donné qu’on arrive avec une décision, car ça ne pourra pas toujours être un point à l’ordre du jour. »  

– Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ 

La prochaine saison débutera plus tôt 

La saison de la LHJMQ démarrera une dizaine de jours plus tôt que par les années passées, ce qui privera certaines équipes de leurs joueurs appartenant à des clubs de la Ligue nationale. Ce pourrait être le cas avec l’attaquant Dawson Mercer.
Photo d'archives, Agence QMI
La saison de la LHJMQ démarrera une dizaine de jours plus tôt que par les années passées, ce qui privera certaines équipes de leurs joueurs appartenant à des clubs de la Ligue nationale. Ce pourrait être le cas avec l’attaquant Dawson Mercer.

La durée du calendrier restera inchangée à 68 parties pour la saison 2020-2021.  

Une potentielle réduction à 64 parties pour éliminer les matchs du lundi au jeudi avait été évoquée au cours des dernières semaines, mais les propriétaires ont plutôt opté pour devancer le début de la saison régulière d’une dizaine de jours.  

Ainsi, la prochaine campagne s’amorcera lors de la fin de semaine du 11 septembre avec la présentation du match d’ouverture la veille, impliquant l’équipe championne de la Coupe du Président.  

Si cet étalement sur 28 semaines réduira les programmes en semaine, un souhait exprimé par plusieurs équipes, il privera toutefois celles-ci de leurs joueurs appartenant à des clubs de la Ligue nationale alors que les camps des recrues battront leur plein à ce moment. Les camps officiels s’ouvrent habituellement autour du 15 septembre.   

Les pertes de revenus potentiels liées à une diminution des activités saisonnières auraient refroidi certains membres à aller de l’avant. Les équipes de la LHJMQ disputent 68 parties depuis la saison 2008-2009.  

Dossiers repoussés 

Par ailleurs, un comité chargé d’étudier les impacts d’un règlement concernant les joueurs récalcitrants a été mis sur pied, jeudi. Le sujet reviendra à l’ordre du jour en juin lors de la semaine du repêchage, à Sherbrooke.  

Rappelons que lors des assises de juin dernier, Patrick Roy, des Remparts, et Serge Beausoleil, de l’Océanic, suggéraient que soient bannis les joueurs qui opteraient pour le modèle américain et qui changeraient leur fusil d’épaule par la suite.   

Dans le calepin...  

  • Le directeur des communications de la LHJMQ, Maxime Blouin, avait prévu le coup pour accommoder les nombreux médias intéressés par la question de l’abolition des bagarres, en créant un espace de travail près de la réception de l’hôtel. Il était toutefois interdit de se promener sur l’étage où la réunion se tenait dans une salle. Une employée faisait même le guet pour empêcher toute personne non autorisée à accéder au corridor. Il ne fallait pas que l’information coule hâtivement...  
  • Même si elle est tenue à l’écart du jeu en raison d’une fracture du poignet, la jeune sensation des Cataractes de Shawinigan, Mavrik Bourque, demeure dans l’entourage de l’équipe. Le nouvel entraîneur-chef Gordie Dwyer jugeait important que l’espoir au prochain repêchage de la LNH continue d’épauler ses coéquipiers malgré son plâtre. « C’est un gros morceau pour nous et il fait partie des jeunes joueurs de talent qui sont ici. C’est un joueur important au sein de la formation. Il est dans une période où il n’est pas disponible pour jouer sur la glace, mais il participe encore aux réunions et aux voyages d’équipe. Il sera fin prêt à son retour », a exposé l’ancien dur à cuire du Canadien.  
  • Meneurs dans l’association de l’Est, les Wildcats de Moncton ont enregistré leur meilleure affluence de la saison lors de la visite d’Alexis Lafrenière et de l’Océanic, mercredi, au Centre Avenir, alors que 7800 amateurs ont assisté à la victoire de 4-3 en prolongation de leurs favoris. La capacité maximale de l’amphithéâtre est de 8800 spectateurs.  
  • L’ancien défenseur des Nordiques et de l’Avalanche, Adam Foote, a écopé pour la saison difficile que connaissent les Rockets de Kelowna, hôtes du prochain tournoi de la Coupe Memorial, en étant congédié de son poste d’entraîneur-chef. Foote avait été embauché en octobre 2018. Détenteurs d’une fiche de 24-26-2-2, les Rockets pointent au 15e rang du classement général de la WHL. Les villes d’Oshawa et de Sault-Sainte-Marie seront par ailleurs candidates pour accueillir la finale nationale, en 2021.   

Le face à face 

ALEX BEAUCAGE 

Thomas Caron
Photo courtoisie

Huskies | 18 ans | Ailier droit  

  •  Parties jouées 54 
  •  Buts 35 
  •  Passes 26 
  •  Points 61 
  •  Différentiel +12  

ALEXANDER KHOVANOV 

Thomas Caron
Photo courtoisie, LHJMQ

Wildcats | 19 ans | Centre  

  •  Parties jouées 42 
  •  Buts 28 
  •  Passes 55 
  •  Points 84 
  •  Différentiel +42  

100 : À sa deuxième saison dans la LHJMQ, le Russe Egor Serdyuk a atteint le plateau des 100 points dans l’uniforme des Tigres de Victoriaville. 


54 : William Villeneuve, des Sea Dogs de Saint John, a battu le record de concession pour le nombre de points par un défenseur en une saison avec son 53e point. Il mène d’ailleurs la ligue à ce chapitre avec 54 points. Nathan Beaulieu détenait l’ancienne marque. 


26 : Les Cataractes de Shawinigan étaient l’équipe qui s’était battue le plus souvent cette saison avec 26 bagarres en date de jeudi, une de plus que les Islanders de Charlottetown.