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Blocus ferroviaire: un citoyen confronte les manifestants à Saint-Lambert

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Exaspéré par le blocage de la voie ferrée près de la gare de Saint-Lambert, un citoyen s’est présenté sur le lieu de la manifestation pour demander aux opposants de libérer le passage, jeudi.  

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«Vous bloquez des milliards de dollars de notre économie. Mille personnes viennent de perdre leur emploi. Je me fous de Legault et de Trudeau, ce que je veux, c’est que vous partiez d’ici de façon sécuritaire, c’est tout», a déclaré David Skitt à un manifestant qui s’était approché pour engager la conversation.       

Le citoyen a par la suite serré la main de son interlocuteur, l’encourageant à poursuivre ses revendications sans bloquer la voie ferrée.       

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Interrogé sur son initiative par les nombreux médias sur place, M. Skitt a expliqué qu’il trouvait la situation «inacceptable».     

«Je ne veux pas faire tout un plat avec ça, mais c’est ma ville, j’adore ma ville, je suis ici depuis que je suis né. Ils bloquent une artère principale et c’est juste inacceptable», a-t-il tranché, comparant l’ambiance qui règne sur le lieu de la manifestation à celle d’un carnaval.     

Le Canadien National (CN) confirme avoir obtenu une injonction en vue du démantèlement du blocus de ses voies ferrées à Saint-Lambert. Le premier ministre avait, plus tôt jeudi, demandé le démantèlement de la barricade érigée la veille.  

«Ne nous prenez pas en otage»   

Un entrepreneur de la région s'est également rendu sur place muni d'une affiche afin d'offrir une contrepartie à la manifestation.   

Denis Bisson dirige une entreprise d'ardoiserie dont la matière première provient d'une carrière dans les Maritimes. Après le conflit de travail au CN l’automne dernier, ce blocus des voies ferrées représente une autre tuile sur la tête de sa compagnie.   

«Ça fait 32 ans que je fais ça et je n’ai jamais vu ça, admet-il. J’ai 20 familles qui, la semaine prochaine, n’auront plus de job.»  

«Je viens mettre ma petite voix de manufacturier artisanal, même si je sais qu’il y a des grosses compagnies qui s’expriment et qui ont beaucoup plus de poids que nous», poursuit l'entrepreneur.   

Il demande aux manifestants de cesser de «prendre en otage» la population et d'exprimer leurs revendications d'une autre manière qu'en bloquant la voie ferrée.   

«On n’a rien fait et on est même sympathique à une bonne partie de votre cause. Mais là, vous êtes en train de vous aliéner une bonne partie de la population et ça va être long à réparer», dit-il.  

Appel à bloquer le «pouvoir colonial»  

Les récriminations des citoyens ne semblent pas avoir convaincu les manifestants qui, sur le coup de 17h30, ont fait une déclaration.  

«La situation est claire. Des blocus surgissent chaque jour, bloquant une infrastructure critique. Le gouvernement refuse d’entendre les chefs héréditaires Wet’suwet’en qui luttent contre le pipeline sur leur territoire», a déclaré une manifestante cagoulée, avant d'en appeler au blocage du «pouvoir colonial».  

«La proposition est simple. Les protecteurs et protectrices de l’eau et de la terre sont appelés à bloquer le pouvoir colonial. Port, pont, route, rail. Partout. Maintenant», a-t-elle déclaré avant de s'éclipser sans prendre les questions des journalistes.