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Salvail dit ne pas avoir franchi la ligne

L’ex-animateur a terminé son témoignage jeudi lors de la quatrième journée de son procès criminel à Montréal

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Après avoir qualifié de « farfelues » les allégations le visant, Éric Salvail a perdu un peu de sa superbe jeudi, et a même paru irrité par les questions de la poursuite, lors de son contre-interrogatoire.  

« Si je ne me souviens pas de [Donald] Duguay, comment pourrions-nous prétendre que [des commentaires] sont arrivés à répétition », a lancé avec irritation l’ex-animateur déchu jeudi après-midi.   

Salvail, dont le procès a débuté lundi, a montré des signes d’impatience à l’endroit de la procureure de la Couronne, Amélie Rivard, durant son contre-interrogatoire.   

Celui qui se dit désormais « producteur » achevait jeudi son témoignage au palais de justice de Montréal, dans le cadre de son procès. Il est entre autres accusé d’agression sexuelle sur un homme, en 1993. À cette époque, tous deux étaient employés par Radio-Canada.   

Aucun souvenir  

« Je n’aurais pas touché à cette personne. Je ne l’ai pas harcelé. Non seulement je n’étais pas là, mais surtout, je n’aurais pas agressé Donald Duguay, a nié en bloc l’accusé de 50 ans. Je m’en serais souvenu. »   

« Son visage me disait quelque chose, mais je ne pouvais pas l’identifier », a-t-il répété à maintes occasions, jurant ne pas se rappeler avoir travaillé avec lui.    

« Le caractère répétitif dont il parle, ça ne se peut pas. Je n’étais pas là. »   

Éric Salvail respirait la confiance jeudi au palais de justice de Montréal. Mais durant son témoignage, celui qui est accusé d’agression sexuelle a perdu de sa superbe.
Photo Martin Alarie
Éric Salvail respirait la confiance jeudi au palais de justice de Montréal. Mais durant son témoignage, celui qui est accusé d’agression sexuelle a perdu de sa superbe.

Son agenda  

Pour sa défense, Salvail prétend ne plus avoir mis les pieds dans les bureaux de son employeur, ou très peu, après avoir quitté son poste temporaire, en août 1993. Or, la poursuite a tenté jeudi de réfuter cette affirmation.   

L’accusé a dû scruter son vieil agenda page par page, à la demande de la procureure. Elle lui a fait noter qu’il avait assisté à une réunion dans l’édifice le 2 novembre, soit trois jours après une agression alléguée par M. Duguay.   

Ce jour-là, l’animateur de foule de 23 ans aurait attendu sa présumée victime à la sortie des toilettes pour lui saisir les parties génitales.   

« Le premier mot qui me vient, c’est “farfelu”, a insisté Salvail, relativement à ce présumé événement. Cette attaque n’a pas eu lieu. Visiblement, je n’ai pas la carrure pour retenir quelqu’un d’une main et enlever sa ceinture de l’autre. Advenant une altercation, je pense que je me tasse facilement. »   

Il a ajouté qu’il aurait été improbable qu’il agisse de la sorte durant cette période charnière de sa carrière.   

« Je sortais de l’université. Je m’approchais de mon rêve. Quiconque me connaît sait que ce n’est pas à ce moment que j’aurais fait quelque chose [comme ça]. Ç’aurait été insensé », a-t-il poursuivi.   

Par ailleurs, l’accusé soutient, encore à ce jour, qu’il n’a jamais eu l’intention « d’offenser » avec ses agissements.   

De l’humour  

« Mes propos ont toujours été dans l’humour, bon enfant. J’aime provoquer des malaises, ça s’arrête là. Il y a une ligne entre l’humour et ce qui est offensant. Je n’ai jamais franchi la ligne », a martelé Salvail.   

La poursuite l’a mis en contradiction avec le message publié sur les réseaux sociaux à la suite du reportage de La Presse, en 2017. Il y mentionnait « avoir offensé » des gens.   

« Je comprends ce que vous voulez dire. Ç’a été écrit dans un contexte de gestion de crise, s’est-il défendu. J’ai perdu tout. C’est extrêmement difficile à vivre. »   

L’ancien animateur d’En mode Salvail a toutefois tenté d’expliquer qu’il était coutume d’être grivois dans le milieu plus « libéral » des communications.   

« Coudonc, t’es-tu acheté des seins en fin de semaine ? » a-t-il donné à titre d’exemple de blague qu’il a pu faire à une collègue.   

« Friendly »  

« Tout ça, dans un bureau de comptables, on se fait arrêter », avait-il illustré devant un enquêteur, en septembre 2018.    

« Mais dans notre milieu, on est très friendly. »   

Questionné sur sa définition d’une agression, Salvail a perdu patience.   

« Je vois où vous voulez en venir. Je n’ai jamais agressé Donald Duguay. Je ne fais pas ça ! »   


► Éric Salvail reviendra devant le tribunal le 11 mars. La poursuite précisera si elle désire présenter ou non une contre-preuve.