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12 départs en 14 mois: hécatombe autour de la caquiste Marie-Eve Proulx

12 personnes ont été congédiées ou ont démissionné, et deux sont en arrêt de travail

caucus CAQ
Photo Simon Clark «Je tiens à m’entourer de personnes de confiance et de l’équipe la plus appropriée et compétente», a expliqué dans une déclaration écrite la députée et ministre Marie-Eve Proulx, concernant les nombreux départs dans son entourage.

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Il y a eu près de 14 départs en autant de mois dans l’entourage de la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Eve Proulx. Insultes, harcèlement, intimidation, climat « toxique »... La situation serait telle que le cabinet du premier ministre a dû intervenir.  

Si quatre départs, dont deux congédiements, ont suffi pour embarrasser publiquement la vice-première ministre Geneviève Guilbault l’automne dernier, le décompte est de loin supérieur chez la députée caquiste de Côte-du-Sud.    

Certains ont démissionné, d’autres ont été remerciés dans un feu roulant de changements de personnel.     

Selon plusieurs sources ayant accepté de se confier sous le couvert de l’anonymat à notre Bureau parlementaire, les choses n’auraient pas tardé à dégénérer après sa nomination au conseil des ministres, en octobre 2018.     

Démissions en bloc  

Quatre mois plus tard, son chef de cabinet, sa directrice des communications et son attaché de presse démissionnaient en bloc.     

Le cabinet du premier ministre, qui a aussitôt replacé ces trois collaborateurs d’expérience dans d’autres cabinets ministériels, se serait alors inquiété du climat de travail dans les bureaux de Mme Proulx.     

«Elle n’a aucun respect pour ses employés», a résumé une de nos sources, déçue de cette expérience de travail qui s’est transformée en cauchemar. «C’est toxique», a raconté un autre. «Je ne revivrai jamais ça», s’est-il juré.     

Méfiante et suspicieuse, Mme Proulx ne se gênerait pas pour «ridiculiser», «engueuler» et «réprimander» un employé devant le reste du personnel, voire même en public, ont raconté ceux qui ont accepté de se confier au Journal.     

«Control freak», elle aurait l’habitude de s’attaquer aux compétences de ses collaborateurs en leur reprochant de miner sa crédibilité.     

Enquête interne  

Dans les mois qui ont suivi, d’autres employés, qui se seraient vidé le cœur dans le cadre de l’enquête interne du cabinet du premier ministre – des « traîtres » aurait alors pesté Mme Proulx – ont quitté leur emploi à leur tour. De l’équipe originale, seule sa responsable de l’agenda est toujours en poste.     

L’ambiance n’était guère plus agréable dans ses bureaux de la Côte-du-Sud.     

Recruté comme conseiller par Mme Proulx, l’ex-maire de Montmagny, Jean-Guy Desrosiers, a quitté ce poste après avoir relevé, d’août à octobre, le directeur du bureau de circonscription, qui était pour sa part en arrêt de travail.     

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Ce dernier a été congédié peu de temps après avoir entamé son retour progressif.     

«À l’âge que j’ai, quand je travaille, il faut que je sois heureux et que j’aie du plaisir, a raconté M. Desrosiers, 75 ans. Je trouvais que je n’étais pas assez heureux pour continuer. Pas à cause du travail, mais à cause du climat.»     

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, deux autres employés sont présentement en arrêt de travail dans ses bureaux régionaux.     

Cabinet renouvelé  

À place D’Youville, l’équipe a été renouvelée. Un nouveau directeur de cabinet et une nouvelle directrice des communications ont été embauchés.     

Mme Proulx a refusé notre demande d’entrevue. Dans une déclaration écrite, « je tiens à m’entourer de personnes de confiance et de l’équipe la plus appropriée et compétente », a indiqué la ministre déléguée.     

Au cabinet du premier ministre, on a aussi préféré s’abstenir de commenter. « Cela relève de la régie interne », nous a-t-on répondu.     

À couteau tiré avec le milieu     

En plus du taux de roulement élevé observé à son cabinet et dans ses bureaux régionaux, la députée-ministre de Côte-du-Sud Marie-Eve Proulx est ouvertement critiquée dans son comté et les régions dont elle a la responsabilité.     

Des médias locaux ont notamment fait état du mécontentement d’élus municipaux.     

«Dur début d’année pour Marie-Eve Proulx», a récemment titré Le Placoteux de Saint-Pascal.     

L’éditorial, qui souligne les nombreux départs, soulève la question à savoir si la députée est «un poids plume au sein du gouvernement Legault».     

L’Oie Blanche rapporte que la vision d’un futur projet de centre sportif portée par Mme Proulx serait diamétralement opposée à celle de la Ville de Montmagny et de partenaires.     

Défensive  

Lors d’une entrevue éditoriale avec le même journal, l’automne dernier, elle a reproché à celui qui l’interrogeait à ce sujet de mener ce qui avait «l’air» d’une «enquête de police».     

Dès lors questionnée sur les nombreux changements au sein de son équipe, «le milieu politique, ce n'est vraiment pas facile, [...] ce n'est pas fait pour tout le monde», avait-elle expliqué.     

Elle avait alors assuré que la compétence de son personnel n’avait rien à voir...     

Qui est Marie-Eve Proulx?     

► Ministre déléguée au Développement économique régional     

► Ministre responsable des régions de la Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine     

► Députée de Côte-du-Sud     

► Comme le neurologue Lionel Carmant, devenu ministre délégué à la Santé, elle fait partie des 12 personnes ayant signé le manifeste de la «Coalition pour l’avenir du Québec» de François Legault et Charles Sirois, en 2011.     

Son parcours en bref   

  • Conseillère (2005-2009) et mairesse (2009-2013) de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud (Population : 913)     
  • Présidente et coach professionnelle certifiée, Figure de Proulx (2014-2018)     
  • Coordonnatrice de projet, Université du Québec (2006-2009)     
  • Maîtrise en travail social, Université du Québec en Outaouais (2004)     
  • Formation en gestion des conflits, HEC Montréal (2013)