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La Caisse propriétaire d’avions dans des paradis fiscaux

Elle s’est engagée à investir 2 G$ US avec le géant américain GE en 2017

Bermudes
Photo Fotolia Une bonne partie des transactions financières de l’industrie de la location d’avions passe par des paradis fiscaux, comme les Bermudes.

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Dans le cadre d’un accord avec le géant General Electric (GE), la Caisse de dépôt achète des avions en passant par deux paradis fiscaux : l’Irlande et les Bermudes.  

En 2017, la Caisse a annoncé un investissement de 2 milliards $ US (2,65 G$ CA) dans Einn Volant Aircraft Leasing (EVAL), une « plateforme » de financement d’avions.  

Selon des documents obtenus par Le Journal, la Caisse est actionnaire d’EVAL à hauteur de 90,5 %. Les 9,5 % restants sont détenus par GE Capital Aviation Services (GECAS), la filiale de location d’avions du conglomérat américain.  

De plus, la Caisse finance les trois quarts de la participation en capital de GECAS dans EVAL. Au final, elle compte investir près de 500 M$ US dans le capital-actions d’EVAL et lui prêter 1,5 G$ US.  

Les 2 G$ US doivent être déboursés d’ici la fin de 2021. Il est prévu que les 500 M$ US d’achats d’avions qui seront effectués chaque année par EVAL représenteront le quart de toutes les emplettes de GECAS.  

La Caisse s’attend à réaliser un rendement annuel de 6,6 % avec EVAL, ce qui est relativement modeste pour l’institution. Celle-ci voit toutefois dans la location d’avions une source stable de revenus.  

Bermudes
Photo courtoisie

Marché en suroffre  

L’un des documents note qu’en 2017, le marché de la location d’avions était « en suroffre modérée ».  

EVAL a enregistré une perte de 1,4 M$ US sur des revenus de 34,1 M$ US en 2018, montrent ses états financiers. Les résultats de 2019 ne sont pas encore disponibles.  

En s’associant avec la Caisse, GECAS obtient un financement abordable qui lui permet de gérer davantage d’avions. De plus, comme les appareils appartiennent très majoritairement à la Caisse, GECAS peut les louer à des compagnies aériennes au sein desquelles l’entreprise a déjà placé un nombre maximal d’unités (seuil de concentration).   

À la fin de 2018, EVAL détenait huit avions d’une valeur totale de 393,4 M$ US. La Caisse ne veut pas préciser de quel type d’appareils il s’agit, sauf pour dire qu’il n’y a aucun Boeing 737 MAX dans le lot.  

GECAS privilégie l’achat d’avions propulsés par des moteurs produits en tout ou en partie par GE. Dans le cas d’EVAL, l’accent est toutefois mis sur des appareils motorisés par d’autres fabricants.  

L’an dernier, GECAS a annoncé l’achat de neuf A220 commandés par le transporteur en démarrage Breeze Airways. On ne sait pas si l’acquéreur ultime de ces avions sera EVAL ou pas.  

GECAS a conclu des partenariats semblables avec d’autres investisseurs. Ils s’inscrivent dans la volonté de GE d’assainir son bilan financier. Depuis des mois, des rumeurs font état d’une vente de GECAS.   

Une bonne partie des transactions financières internationales transitent par des paradis fiscaux, et la location d’avions ne fait pas exception. Ainsi, Air Canada et Transat louent des avions de GECAS et d’AerCap, tous deux présents en Irlande et aux Bermudes, comme les autres grands acteurs de l’industrie.  

Le marché mondial de la location d’avions était estimé, fin 2018, à 280 milliards $ US (370 milliards $ CA).   

PRINCIPAUX LOUEURS D’AÉRONEFS DANS LE MONDE   

  • GECAS 1143 appareils  
  • AerCap 1016 appareils  
  • Avolon 524 appareils  
  • BBAM 511 appareils  
  • Nordic Aviation Capital 488 appareils   

Source : Statista