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Le droit à vivre dans la dignité

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Dans ses derniers milles, le gouvernement Couillard avait osé une de ses très rares mesures humanistes : aider les plus vulnérables d’entre nous à être un brin moins pauvres. On parle ici des personnes sur l’aide sociale avec des contraintes sévères à l’emploi. 

Le gouvernement Couillard avait promis qu’au cours des prochaines années, leurs prestations d’aide sociale seraient enfin augmentées sur une base régulière sous forme d’un revenu de base plus décent. Or, méchante surprise. On a découvert que les personnes inaptes au travail vivant en ressources intermédiaires (RI) – ou ce qu’on appelle des familles d’accueil – en seraient privées. Soit principalement des adultes déficients intellectuels, autistes ou handicapés physiquement. 

Mission impossible

Comment ? La méthode est simple. À ces personnes vivant en RI, une fois leur loyer puisé à même leur chèque d’aide sociale par la Régie de l’assurance maladie (RAMQ), cette dernière ne leur laisse toujours que des grenailles pour leurs dépenses personnelles. Dans la situation actuelle, ça tournerait autour de 245 $/mois. 

Dit autrement, Robin des Bois prenait aux riches pour donner aux pauvres. La RAMQ prend aux plus pauvres. Point. De fait, 245 $/mois, c’est à peine 61 $/semaine. Avec ce minuscule montant, hormis pour le gîte et la nourriture, les personnes handicapées en RI doivent donc couvrir tout le reste : vêtements, bottes, manteaux, coiffeur, loisirs, médicaments non prescrits, camp d’été, etc. 

Corriger

Avec 61 $/semaine, la mission est carrément impossible. C’est une grave injustice sociale. Les personnes handicapées vivant en RI sont pourtant parmi les plus vulnérables de la société. Ne méritent-elles pas elles aussi de vivre dans la dignité, y compris la dignité matérielle, toute minimale soit-elle ?

Harold LeBel et Joël Arseneau, deux députés péquistes, ont sonné l’alarme hier en point de presse. À 20 jours du prochain budget du gouvernement Legault, il voudra sûrement corriger cette grave erreur héritée des libéraux.