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Une décision niaiseuse

GEN-TROTTINETTE-BIRD
Photo d'archives, Agence QMI

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Montréal vient donc de bannir le plus commode, le moins dangereux et le moins encombrant des microvéhicules intra-urbains : la trottinette électrique. Une décision aussi mal avisée qu’étonnante de la part d’une administration que l’on pouvait croire immunisée contre les « paniques sociales » entourant l’innovation en mobilité. 

Il faut dire que ça avait mal commencé. L’été était déjà avancé lorsque Lime a pris son envol. Seulement à la mi-août. Et ça coûtait cher !      

Comme avec BIXI dix ans plus tôt lors de son arrivée « controversée », une poignée de malotrus, on ne sait trop pourquoi, a entrepris de précipiter un bolide dans le canal Lachine, d’en garer un autre sur un quai de métro ou de crever des pneus. Grosse affaire, hein ?     

Cette hargne anti-nouveauté se serait rapidement évanouie. Entendez-vous souvent des gens déblatérer contre BIXI depuis quelques années ? Non. C’est une mode qui s’est perdue. Ce réseau de vélopartage est entré dans nos mœurs... ce qui se serait produit avec les trottinettes.     

Stationnement  

Le cadre réglementaire imposé à Lime, puis Bird, était étouffant, surtout en ce qui a trait au stationnement. L’avantage des trottinettes, justement, c’est de pouvoir se ranger partout sans encombrer la voie. Ça prend moins d’espace qu’un vélo. Or, la Ville exigeait que les bolides occupent des tronçons de rue normalement utilisée par les automobiles... qui souvent venaient se garer directement sur les emplacements obligatoires pour les trottinettes.      

Résultat : seulement une trottinette sur cinq était stationnée à un endroit qui respectait la réglementation. C’est parfaitement normal ! Il fallait donc changer la réglementation, c’est tout ! Le cadre irréaliste aurait dû être corrigé. Je me souviens d’avoir longuement cherché, mon téléphone en main, l’emplacement exact où je pouvais réglementairement laisser mon véhicule après location. Cette tracasserie insensée enlevait la spontanéité... autant que le casque obligatoire — qui est l’autre erreur de l’administration.     

Non à l’obligation du casque  

Un jour d’été, une collègue partait de l’édifice TVA pour venir travailler à mes côtés dans le café Sfouf sur Ontario. Elle s’est dit : « Oh ! Je vais utiliser une trottinette ! » Elle n’avait pas de casque avec elle, donc elle a pris une Lime et elle en a fait quand même. Êtes-vous scandalisés ? C’est l’intérêt de ces microvéhicules de pouvoir servir à l’improviste pour de très courtes distances. Même chose pour le vélo, soit dit en passant. On aurait tué BIXI dès sa naissance si on avait obligé ses adeptes à toujours porter le casque.     

Recommander le casque protecteur, c’est une chose ; vouloir l’obliger, c’est contre-productif. Aucun pays où les vélos et les trottinettes sont la norme n’exige le casque. Seules les contrées intrinsèquement rétives au vélo se croient intelligentes d’en faire une « obligation ». Enfin, j’espère que la Ville se ravisera rapidement et qu’un autre cadre, moins ridiculement contraignant, sera rapidement proposé aux Lime et Bird.