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Des problèmes connus depuis longtemps

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Au lendemain du carambolage qui a coûté la vie à deux personnes sur la Rive-Sud, certains déplorent qu’il faille toujours attendre un événement majeur pour voir le ministère des Transports agir. 

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« On leur [au ministère] dit qu’il y a des problèmes de sécurité depuis le milieu des années 2000 et il ne se passe rien. Là, il y a des morts et ils vont analyser la situation », déplore Donat Serres, le maire de La Prairie où a eu lieu le drame. 

Comme ce fut le cas au lendemain du carambolage de l’hiver dernier sur l’autoroute 40 dans Lanaudière, le ministre des Transports, François Bonnardel, a annoncé, hier, qu’il souhaitait que des solutions soient mises en place dès l’été pour sécuriser ce secteur de l’autoroute 15. 

« Historiquement, le MTQ [ministère des Transports du Québec] était considéré comme avant-gardiste, mais au cours des dernières décennies, il a été plus réactif que proactif », affirme Pierre Barrieau, spécialiste des transports et du développement urbain. 

Problématique connue 

D’ailleurs, le MTQ connaît depuis longtemps les enjeux de sécurité de cette portion de route qui longe le fleuve Saint-Laurent. 

Dans un rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le prolongement de l’A30 entre l’A15 et l’A30, le MTQ évoque entre autres les conditions hivernales pour expliquer que la route projetée devait avoir une nouvelle emprise. 

Le document datant de 1993 fait référence au « [...] tronçon actuel de l’autoroute 15 située à La Prairie et dont la chaussée est souvent rendue glissante et même parfois impraticable en hiver à cause de sa proximité avec le fleuve ». 

En retard sur l’Europe 

Une des solutions évoquées par le ministre Bonnardel est l’ajout d’un panneau de signalisation qui clignote lorsqu’il y a un risque de poudrerie comme pour l’A40. 

« C’est une bonne idée et ça permet aux automobilistes d’adapter leur conduite. Il faudrait aussi implanter des limites de vitesse variable. Quand il ne fait pas beau, la limite de vitesse pourrait baisser sur le panneau. On est en retard de 30 ans sur l’Europe », croit M. Barrieau. 

« Il faut faire attention pour ne pas tomber dans la solution facile. On a besoin d’une bonne analyse et on veut être consulté », prévient le maire Donat Serres.