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Roberge maintient sa décision d’exclure Daniel Weinstock

Le ministre Jean-François Roberge
Photo d'archives, Simon Clark Le ministre Jean-François Roberge

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Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, maintient sa décision d’exclure le philosophe Daniel Weinstock comme expert dans sa réforme du cours d’éthique et culture religieuse, même s’il a posé ce geste sur la base d’une information inexacte.

Le bureau de M. Roberge a retiré son invitation à M. Weinstock à la suite de la publication d’une chronique de Richard Martineau soutenant erronément que le professeur de l’Université McGill avait proposé que des médecins québécois effectuent des « excisions symboliques » de jeunes filles.

« À la lumière de ces nouvelles informations, nous allons annuler la participation de M. Weinstock aux forums », a indiqué Francis Bouchard, l’attaché de presse du ministre Roberge, dans une déclaration transmise au Journal mercredi.

Controverse

Or, depuis, M. Martineau a reconnu que cette affirmation était «inexacte». M. Weinstock citait des propos sans les endosser. Il s’oppose à l’excision, qu’elle soit symbolique ou non.  

Malgré tout, M. Roberge n’a pas l’intention de reculer sur la décision « qu’on a prise au gouvernement ». 

« Nous avons fait nos propres recherches, nous avons constaté qu’il y avait de la controverse et que ça risquait de nous faire perdre de vue nos objectifs », a-t-il dit lors d’une mêlée de presse, vendredi, à Montréal.

Il dit avoir eu, au matin, une discussion « cordiale » avec M. Weinstock. « Je regrette la façon dont ça s’est passé. Je le regrette sincèrement. On aurait dû l’appeler d’abord », a-t-il indiqué. Il dit que M. Weinstock peut participer aux forums comme « expert dans la salle ».

Weinstock veut de vraies excuses

De son côté, le professeur Weinstock n’est pas satisfait de ces explications. « Il faut que [Jean-François Roberge] s’excuse sur le fond », a-t-il affirmé au Journal.

C’est également le point de vue de Québec solidaire. « Si M. Roberge voulait éviter la controverse, c’est raté », souligne la députée Christine Labrie. 

« C’est un manque de jugement de la part du ministre d’avoir pris une décision de manière impulsive sans contre-vérifier les informations. Et même si l’auteur s’est rétracté, il n’est pas capable de revenir sur la mauvaise décision qu’il a prise », a-t-elle pesté.

Au Parti libéral, on demande également à Jean-François Roberge de « se rétracter et de faire ses excuses publiques au professeur Daniel Weinstock ». 

Selon la députée libérale Marwah Rizqy, M. Roberge a « participé à la diffamation d’un professeur universitaire », a-t-elle dit.

« M. Roberge doit se rétracter et faire des excuses publiques. On ne peut pas comme ministre prendre une décision intempestive basée sur une chronique, sans faire aucune vérification », a-t-elle souligné. Elle trouve ironique de voir que M. Roberge veut réformer un cours d’éthique alors qu’il « manque de jugement ».