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Salvail a le droit d’être défendu!

Et si c'était vous, vous ne voudriez pas un avocat pugnace?

Salvail a le droit d’être défendu!
Photo d'archives, Ben Pelosse

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Il y a deux jours, une de mes connaissances Facebook a écrit ceci: «Je suis consternée et révoltée par ce que je lis sur le procès d’Éric Salvail et le traitement réservé par l'avocat de la défense à celui qui témoigne. Comment peut-on imaginer qu'après ça, il se trouvera une seule victime d'agression sexuelle qui voudra porter plainte, et risquer de se retrouver exposée à ça?»    

  

En effet, beaucoup de gens ont mal réagi à la puissance et la pugnacité du contre-interrogatoire de l’avocat de la défense, Me Massicotte.    

  

Scusez-moi, mais si jamais un jour vous vous retrouvez accusé d’un crime grave, vous allez vouloir que votre avocat vous défende bec et ongles?    

  

C’est rendu qu’on reproche à Me Massicotte d’être un bon avocat et de faire sa job comme il faut!    

  

Dans notre système de justice, on veut éviter qu’un innocent se retrouve en prison. On veut éviter les procès sommaires, la justice expéditive, les causes décidées «à la gueule du client». La décision du juge est basée sur une seule chose: la preuve, rien que la preuve.    

  

Ce que certains reprochent à l’avocat de Salvail, c’est la même chose qu’ils reprochaient à l’avocate de Jian Ghomeshi. Marie Heinen est une avocate pugnace, qui plaçait les plaignantes devant leurs contradictions (et dans ce cas, leurs mensonges et leurs omissions).    

  

Elle s’est fait reprocher d’être «redoutable»!    

  

C’est aussi la même chose qu’on reproche à l’avocate de Harvey Weinstein.    

  

Misère, êtes-vous en train de me dire que, dans les causes d’agression sexuelle, on va déclarer les accusés coupables sans qu’ils aient droit à une «défense pleine et entière»?     

  

Dans notre système, dans un État de droit, on ne peut pas dire à une présumée victime: «On te croit» ou «On ne va pas trop te barouetter, de peur que ça te déstabilise.» Tout témoignage doit être validé.    

Pourquoi pensez-vous que le DPCP, dans le cas d'Alice Paquet, non seulement n'a pas déposé d'accusation, mais a en plus déclaré qu'«aucun acte criminel n'a été commis»? Pensez-vous que, si cette cause s'était rendue devant les tribunaux, la présumée victime ne se serait pas fait griller à la barre?    

Tiens, j’ai une question pour ceux qui trouvent que l’avocat de Salvail a été trop raide: qu’avez-vous pensé du contre-interrogatoire chirurgical que la procureure de la Couronne a servi à l’ex-animateur?    

Ha, tiens, tout d’un coup, quand on voit un avocat poser des questions serrées, tenir son bout, être pugnace, on trouve ça «ben correct»... parce que c’est dirigé vers l’accusé?    

Pour faire jaillir la lumière, dans un procès, il faut aller fouiller, gratter, questionner.    

C’est autant pour le bien des présumées victimes que des accusés.    

  

Et c’est surtout pour le bien de l’État de droit, à qui il répugne autant d’envoyer un innocent en prison que de laisser une vraie victime sans défense.    

Que justice soit faite. Mais ne venez pas me dire que si vous, votre chum, votre père ou votre enfant était au banc des accusés, vous ne voudriez pas que votre avocat s'appelle Me Michel Massicotte.