/sports/hockey
Navigation

Thomas Chabot une bête de minutes

«Il fait tout ce qu’il doit faire afin d’être un jour le meilleur défenseur de la LNH» –D.J. Smith

Thomas Chabot
Photo d’archives

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | « Je ne suis pas arrivé en fauteuil roulant le lendemain à l’aréna. » Thomas Chabot rit de bon cœur et il offre cette réplique colorée quand on lui demande comment il se sentait physiquement après quatre matchs d’affilée avec un temps de jeu supérieur à 30 minutes. 

Le 17 décembre, Chabot a joué 37 min 50 s contre le Lightning, à Tampa. Le 19 décembre, il a joué 33 min 49 s contre les Predators, à Ottawa. Le 21 décembre, il a encore une fois arrêté le chrono à 33 min 49 s contre les Flyers, à Ottawa. Le 23 décembre, il a terminé son marathon avec 31 min 45 s contre les Sabres, à Ottawa. 

Pour reprendre les mots d’un scientifique, c’est des minutes en ta...! 

« C’était une situation assez exceptionnelle, a rappelé Chabot. Nous avions des blessés importants à la ligne bleue avec Nikita Zaitsev et Ron Hainsey, et j’ai joué un rôle encore plus important. » 

« Honnêtement, quand tu es dans le match, tu joues, tu joues et ça se passe tout seul. Je n’avais pas le temps d’y penser, a-t-il continué. La fatigue a fini par me rattraper après cette séquence (quatre matchs de plus de 30 minutes), mais nous avons profité d’une semaine de congé pour Noël. Je n’ai pas participé au match des étoiles. J’ai eu sept ou huit jours pour décrocher du hockey quelques semaines plus tard. »

Devant Josi

Il n’y a aucune surprise quand on consulte les statistiques de la LNH. Le nom de Chabot se retrouve au sommet pour le temps de jeu moyen, à 26 min 4 s. Le défenseur de 23 ans originaire de la Beauce devance Roman Josi (25:51), Kristopher Letang (25:49) et Drew Doughty (25:48). 

Chabot monopolise également les trois premiers rangs pour le plus de minutes jouées en un seul match cette saison.

« C’est le fun quand tu as la confiance des entraîneurs, a dit Chabot. Tous les joueurs veulent obtenir de grosses minutes. Je ne dirai jamais non pour jouer aussi souvent. J’ai bien accepté ce défi. »

Ceux qui ont suivi la carrière de Chabot dans les rangs juniors ne sursautent pas en constatant de tels chiffres. Il passait aussi un temps fou sur la glace avec les Sea Dogs de Saint-Jean. Au Mondial junior en 2017, le choix de premier tour des Sénateurs en 2015 avait joué 46 minutes dans le match de la médaille d’or entre le Canada et les États-Unis. Il y avait eu une prolongation de 20 minutes lors de cette rencontre classique, qui s’était terminée par une victoire américaine en tirs de barrage.  

Devenir le meilleur

Le 19 septembre dernier, Chabot a paraphé une prolongation de contrat de huit ans et 64 M$. Les Sénateurs ont choisi de reconstruire leur équipe autour de lui. 

À sa troisième saison à Ottawa, le défenseur de 6 pi 2 po et 196 lb n’a pas d’aussi bons chiffres sur le plan offensif que l’an dernier. À la veille du match contre le Canadien, il totalisait 34 points (5 buts, 28 passes) en 61 rencontres, et il présente un différentiel de -24. 

L’entraîneur D.J. Smith n’a pas eu peur de presser sur le citron avec son jeune défenseur. Cette utilisation massive devrait rapporter à long terme. 

« Ça m’aide beaucoup, a répliqué Chabot. Cette année, j’ai joué contre le meilleur trio de l’équipe adverse pour la grande majorité de nos matchs. C’est un beau défi. Si je veux devenir un défenseur qui est bon dans les deux sens de la patinoire, j’ai besoin de jouer ce rôle. » 

« On dit souvent que c’est mieux d’obtenir cette responsabilité quand tu es plus vieux, mais si je peux le faire à un jeune âge, je vois ça d’une façon positive. À 26, 27 ou 28 ans, j’aurai déjà passé à travers cette étape et je serai encore plus prêt pour le défi. » 

S’il a dépassé le cap des 30 minutes à huit reprises cette saison, Chabot a joué moins souvent, selon ses standards, dernièrement. Smith a gardé son temps d’utilisation sous les 30 minutes lors des 16 dernières rencontres. 

« Il joue actuellement son meilleur hockey de la saison, a répondu l’entraîneur en chef des Sens. Défensivement, il est nettement meilleur. Il repousse les joueurs vers l’extérieur. Il fait tout ce qu’il doit faire afin d’être un jour, à mon avis, le meilleur défenseur de la LNH. Pour y arriver, vous devez être solides des deux côtés de la rondelle. Il a fait de grands progrès. Sur le plan offensif, il est dynamique et en possession de la rondelle tout le temps. Si je suis un amateur, je viens pour le voir patiner, le voir survoler la patinoire. Il est incroyable depuis quelques matchs, exceptionnel depuis un mois. »